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TOUT SUR LE MYRCÈNE

Comme expliqué dans un article précédent de cette série, les terpènes sont des huiles essentielles parfumées qui non seulement donnent à chaque variété de cannabis son odeur et son goût uniques, mais interagissent également avec d’autres composés afin de renforcer les propriétés psychoactives et médicales d’une variété – un phénomène connu sous le nom d’effet d’entourage. Le myrcène est le terpène le plus abondant du cannabis, et représente régulièrement vingt pour cent ou plus du profil terpénique d’une plante.

Également présent dans le houblon et dans des fruits comme la mangue, le myrcène ajoute un ton poivré à des variétés de cannabis comme la White Widow, l’OG Kush et la Grandaddy Purple. On considère généralement que le myrcène a un effet sédatif et il est parfois cité comme étant la cause principale du “stone” dont souffrent parfois les consommateurs de cannabis, bien que ces affirmations ne reposent pas sur une quantité suffisante de données.

Le myrcène nous plaque-t-il au sofa ?

Le myrcène est utilisé comme sédatif dans la médecine populaire depuis de nombreuses années, avec des plantes comme la citronnelle et le houblon – qui contiennent toutes deux ce terpène – souvent prises comme relaxants musculaires et aides au sommeil[i]. Dans une étude, de fortes doses de myrcène ont permis à des souris d’augmenter leur temps de sommeil d’environ 250%, mais il y a très peu de recherches permettant de déterminer si le myrcène dans le cannabis produit un effet similaire[ii].

Néanmoins, il est souvent affirmé que la nature tranquillisante des variétés Indica est causée par des niveaux élevés de myrcène, les concentrations plus faibles de terpène contribuant aux propriétés énergisantes des Sativa. Selon certaines sources, toutes les variétés Indica contiennent plus de 0,5 % de myrcène, tandis que toutes les Sativa en contiennent moins que ce pourcentage. La véracité de cette affirmation fait l’objet d’un débat, car d’autres affirment que le myrcène se trouve en quantité à peu près égale dans les variétés Sativa, Indica et hybrides.

Par conséquent, bien qu’il existe des preuves que le myrcène est capable d’agir comme un sédatif, affirmer qu’il est responsable du stone chez les consommateurs de cannabis est peut-être un peu excessif, et des données supplémentaires sont nécessaires pour clarifier ce point.

Les intérêts du myrcène

Outre ses propriétés relaxantes, le myrcène présente des intérêts thérapeutiques. Par exemple, il a été prouvé qu’il modifie les enzymes du foie afin de combattre les toxines qui peuvent produire des mutations dans notre ADN. Selon plusieurs études, en bloquant une enzyme appelée CYP2B1, le myrcène empêche une toxine commune appelée aflatoxine d’endommager l’ADN et de provoquer un cancer[iii].

D’autres recherches ont révélé que le myrcène aide à tuer les cellules tumorales, avec une efficacité observée contre le carcinome du sein, l’adénocarcinome du côlon et les tumeurs biliaires[iv]. En outre, ce terpène prévient l’inflammation des chondrocytes, qui sont les principales cellules du cartilage, ce qui laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un traitement efficace de l’arthrose[v].

Enfin, le myrcène a montré des effets analgésiques significatifs dans des études animales, réduisant les réponses à la douleur chez les souris et autres rongeurs. Il est toutefois important de noter que le terpène agit par un mécanisme différent de celui de la plupart des analgésiques pharmaceutiques, en exerçant des effets périphériques plutôt que centraux. En conséquence, aucune tolérance n’a été observée chez les animaux participant à l’étude, même après de multiples administrations[vi]. Sur la base de ces résultats, les auteurs de l’étude concluent que le myrcène mérite d’être étudié plus avant en tant qu’alternative sûre et non addictive aux opioïdes et autres analgésiques.

[i] Russo EB. Taming THC: potential cannabis synergy and phytocannabinoid‐terpenoid entourage effects. Journal britannique de pharmacologie. 2011 Aug;163(7):1344-64. – https://bpspubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1476-5381.2011.01238.x

[ii] Do Vale TG, Furtado EC, Santos Jr JG, Viana GS. Central effects of citral, myrcene and limonene, constituents of essential oil chemotypes from Lippia alba (Mill.) NE Brown. Phytomedicine. 2002 Jan 1;9(8):709-14. – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0944711304701786

[iii] De-Oliveira AC, Ribeiro-Pinto LF, Paumgartten FJ. In vitro inhibition of CYP2B1 monooxygenase by β-myrcene and other monoterpenoid compounds. Toxicology letters. 1997 Jun 16;92(1):39-46. – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0378427497000349

[iv] Sobral MV, Xavier AL, Lima TC, de Sousa DP. Antitumor activity of monoterpenes found in essential oils. The Scientific World Journal. 2014 Oct;2014. – https://www.hindawi.com/journals/tswj/2014/953451/

[v] Rufino AT, Ribeiro M, Sousa C, Judas F, Salgueiro L, Cavaleiro C, Mendes AF. Evaluation of the anti-inflammatory, anti-catabolic and pro-anabolic effects of E-caryophyllene, myrcene and limonene in a cell model of osteoarthritis. European journal of pharmacology. 2015 Mar 5;750:141-50. – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0014299915000412

[vi] Lorenzetti BB, Souza GE, Sarti SJ, Santos Filho D, Ferreira SH. Myrcene mimics the peripheral analgesic activity of lemongrass tea. Journal of Ethnopharmacology. 1991 Aug 1;34(1):43-8. – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/037887419190187I

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