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LES PATHOGÈNES DU CANNABIS – LE MILDIOU

Les pathogènes et moisissures sont les plus grands fléaux des cultures de cannabis. Les cultivateurs qui n’ont pas opté pour des graines résistantes peuvent les voir complètement ruiner des récoltes et réduire à néant des mois de travail. Dans cette série d’articles, nous allons étudier cinq des agents pathogènes les plus courants du cannabis. Évidemment, nous aborderons aussi les moyens de les éviter. Sans plus tarder, rencontrons notre premier fauteur de troubles, le mildiou, ou oïdium.

Le mildiou (Erysiphales, Podosphaera Macularis, Blumeria Graminis)

Le mildiou, aussi appelé oïdium, peut s’attaquer à une grande variété de plantes, du blé à l’orge en passant par d’autres céréales, les oignons, les pommes, les poires ou encore les melons.

À quoi reconnait-on le mildiou ?

Le mildiou est une maladie fongique assez commune qui peut causer d’importants dégâts. Il est causé par l’une des moisissures mentionnées plus haut. Mais c’est le Podosphaera xanthii qui en est la cause la plus fréquente.

Le mildiou se manifeste par l’apparition d’une substance poudreuse blanche ou grisâtre, ressemblant à de la farine. Elle se remarque aisément sur la surface de la plante. Bien que les feuilles les plus basses soient celles qui présentent le plus grand risque d’infection, le mildiou peut apparaître sur n’importe quelle partie de la plante située au-dessus du sol.

Quelles sont les conséquences du mildiou ?

Le mildiou se propage à la fois sexuellement et asexuellement. En plus de se propager rapidement, le mildiou cause des ravages particulièrement importants. Les spores du mildiou se propagent depuis les feuilles et la base aux fleurs via les courants d’air. Il germe ainsi à la surface des feuilles, détruisant la plante en étouffant sa capacité à obtenir les nutriments essentiels à sa subsistance et à sa croissance. L’infection se manifeste d’abord par par de petites tâches circulaires sur les feuilles et, au fur et à mesure que la maladie progresse, les feuilles flétrissent puis tombent. S’il infecte une plante plus jeune, le mildiou en déformera les feuilles, leur donnant une allure rabougrie.

Pourquoi le mildiou s’attaque au plantes de cannabis ?

Le mildiou apprécie les environnement frais et humides. Le mildiou apparaît donc plus facilement là où le sol est imbibé d’eau. Si, en plus, l’espace de culture est occupé par des plantes en surnombre, le mildiou se propagera aisément de plante en plante. Une mauvaise circulation de l’air et une mauvaise ventilation augmentent encore les risques de contamination. Pour éviter cet hôte indésirable, essayez de maintenir la température de votre milieu de culture autour de 21-25ºC et son niveau d’humidité sous 60%.

Comment éviter le mildiou ?

Il y a une bonne nouvelle : il est possible de mettre en oeuvre toute une série de mesure destinées à considérablement réduire le risque d’apparition de l’oïdium (ou mildiou). Assurez-vous que vous surveillez tous ces facteurs, et de les ajuster si nécessaire.

  • Flux d’air et ventilation – Essayez d’installer au moins deux ventilateurs dans votre espace de culture. Si ce dernier est grand, ajoutez-en davantage. Un ventilateur oscillant, soufflant de l’air directement sur les feuilles, y empêchera la fixation des moisissures. Un second ventilateur, orienté vers les plantes et éloigné de celles-ci, servira à faire recirculer l’air. ATTENTION, si vous remarquez l’apparition de mildiou, arrêtez les ventilateurs immédiatement, sinon les ventilateurs répandront les spores.
  • Contrôle de l’humidité – Il est préférable de maintenir l’humidité ambiante en dessous de 60 %. Il est certes tenant de surchauffer quelque peu l’environnement pour accélérer la croissance des plantes, mais cette manœuvre créera un environnement favorable au développement des agents pathogènes.
  • Évitez la surpopulation – Rassembler trop de plantes dans un espace restreint crée un terrain propice à la propagation des agents pathogènes. Le contact entre les feuilles accélère la diffusion du mildiou de plante en plante et augmente le niveau d’humidité dans la zone de culture. Donnez de l’espace à vos plantes et laissez-les respirer.
  • Taillez régulièrement – Une taille régulière limite l’accumulation d’un feuillage excessif.
  • Évitez l’arrosage excessif – Si le sol est trop humide, les agents pathogènes proliféreront.
  • Propreté du matériel – Il va de soi qu’il faut prendre soin de son matériel et le maintenir propre en permanence.

Mais il y a aussi une mauvaise nouvelle : malgré ces précautions, les agents pathogènes comme le mildiou peuvent se manifester. Contrôler ses plantes régulièrement et minutieusement et savoir à quoi s’en tenir, peut faire la différence entre une belle récolte et une complète catastrophe. Inspectez donc vos plantes de près et avec soin. Dans le cas des jeunes plantes, la présence de cloques ou d’une odeur étrange sur les feuilles est souvent un indicateur de la présence du mildiou.

Comment se débarrasser du mildiou ?

Si l’épidémie de mildiou est limitée à une ou deux zones, commencez par enlever les feuilles touchées. Si cela n’arrête pas le problème, équipez-vous d’une arme. Un pistolet de pulvérisation, bien sûr.

Des produits commerciaux – tels Baby Bio et Fungus Clear Ultra – peuvent s’avérer particulièrement efficaces contre une infection localisée au mildiou. Mais des remèdes naturels existent aussi. Ils sont sans danger et fort efficaces :

  • Le bicarbonate de soude et l’eau – une cuillère à café de bicarbonate de soude pour 4 litres d’eau.
  • Vinaigre de cidre de pomme – deux à trois cuillères à café pour 4 litres d’eau.

Choisissez l’une de ces deux formules et mélangez-en les ingrédients. Ensuite, pulvérisez la solution sur les feuilles et les fleurs. Le lendemain, observez l’état de vos plantes et répétez le processus. Si nécessaire, prolongez l’opération un troisième jour. Si les remèdes naturels n’ont pas résolu le problème au bout de trois jours, passez immédiatement à des produits commerciaux biologiques.

En cas d’urgence, suivez ce conseil du Dr Yates, phytotechnicien chez PharmaSeeds : “Si vous n’avez pas de matériel sous la main et que vous devez traiter les plantes rapidement, utilisez une solution composée d’environ 35 à 45 % de lait et d’eau. Sur certaines cultures, cette solution s’est montrée aussi efficace que les fongicides à base de produits chimiques. En termes de quantité, une pulvérisation par semaine devrait permettre de se débarrasser du mildiou.”

Plus tôt vous vous attaquez à cet hôte indésirable qu’est le mildiou, plus grandes sont vos chances de sauver votre culture. Surveillez donc toujours de près tant vos plantes que les paramètres de leur environnement. Sachez quoi chercher et soyez prêt à agir.

Pour des informations sur d’autres agents pathogènes courants tels que la moisissure grise, ou botrytis, le fusarium et les tétranyques, restez attentif à la suite de cette série d’articles (publiés toutes les deux semaines).

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.

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