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Comment les chiens renifleurs repèrent le cannabis ?

Dans de nombreuses régions du monde, la possession et la consommation de cannabis demeurent interdites, malgré la vague de légalisation que rien ne semble pouvoir arrêter, n’en déplaise aux plus réactionnaires. Là où la marijuana est prohibée, les consommateurs doivent se faire discrets et rivalisent d’ingéniosité pour tromper les services de police. Les forces de l’ordre, quant à elles, peuvent compter sur un allié de taille qu’il est extrêmement difficile de tromper, les chiens renifleurs. Mais comment les chiens peuvent-ils être aussi efficaces dans la détection du cannabis ?

Pourquoi utiliser des chiens policiers pour repérer le cannabis ?

Il y a des siècles que les hommes ont compris tout le potentiel que revêtent les chiens. Leur intelligence leur permet d’être entraînés à certaines tâches spécifiques et leur odorat extrêmement développé en a fait le compagnon idéal des chasseurs. Plus récemment, un autre corps de métier a mis à profit ces deux qualités. Il s’agit des policiers qui se servent d’eux pour repérer les consommateurs de stupéfiants, notamment de cannabis.

Alors que les êtres humains sont dotés d’environ 6 millions de récepteurs olfactifs, on en trouve près de 300 millions dans la truffe des chiens. Mais ce n’est pas le seul élément qui explique l’extrême habilité des chiens renifleurs. En effet, la zone de leur cerveau qui traite les odeurs est également 40 fois plus développées que chez les humaines. Les chiens ont donc un odorat extrêmement sensible qui leur permet de repérer une personne ayant consommé du cannabis mais aussi n’importe qui ayant été en contact avec de l’herbe. Ils le font d’autant plus aisément que les particules olfactives du cannabis sont fort persistantes. Dernier atout du chien dans la détection du cannabis : son odorat sélectif. En d’autres termes, les chiens sont capables de différencier les molécules qui parviennent à leur truffe. Alors que les êtres humains perçoivent un cocktail d’odeurs difficiles à distinguer les unes des autres, les chiens perçoivent les divers ingrédients du cocktail. Il est donc illusoire d’espérer tromper la brigade cynophile en masquant l’odeur du cannabis avec d’autres odeurs plus fortes. Les humains tomberont dans le piège, pas les chiens.

Cette capacité à percevoir le cannabis dépend évidemment de nombreux facteurs comme les conditions environnementales, la quantité d’herbe, son stockage etc. Néanmoins, par vent favorable et au grand air, un chien est capable de repérer du cannabis à près de 200 mètres. En revanche, dans des conditions normales, il doit se trouver à environ 50 cm de l’herbe.

Les brigades cynophiles font généralement appel à des bergers malinois. Leur odorat n’est pas nécessairement meilleur que celui d’autres races de chiens mais les malinois sont aisés à trouver et faciles à éduquer. Pour les cas où un odorat extrêmement développé est nécessaire, les policiers recourent à des Springers spaniel qui présentent en outre l’avantage d’être des chiens de chasses donc habitués à la recherche. L’éducation d’un chien renifleur prend environ 6 mois, après quoi il est prêt pour le service. Pour ne pas perdre les compétences acquises durant sa formation, il devra néanmoins poursuivre un entrainement régulier, soit sur le terrain, soit dans un centre d’entrainement.

En présence de cannabis ou d’autres drogues, les chiens sont entrainés à s’asseoir ou à se coucher. Certains chiens conservent un réflexe de grattage lorsqu’ils repèrent une substance illicite. Les dresseurs cherchent idéalement à inhiber ces comportements pour éviter que les chiens ne provoquent des dégâts.

Les limites des chiens renifleurs

Les chiens renifleurs sont un allié des choix des services de polices. Mais ils ne sont pas infaillibles pour autant.

Premièrement, ils sont incapables de repérer du cannabis qui n’émettrait aucune particule odorante dans leur direction. Si des variétés de cannabis dépourvues de terpènes n’existent pas, des matériaux totalement étanches permettent d’éviter que les molécules olfactives ne parviennent jusqu’aux chiens. Le papier aluminium ou le verre, par exemple, ne laissent passer aucune molécule qu’un chien pourrait repérer, à l’inverse du plastique qui, contrairement à ce que beaucoup pensent, est poreux.

Autre limite des chiens renifleurs : ils ne peuvent pas repérer les drogues qui n’émettent aucune odeur comme le LSD, par exemple. Dernière limite, et non des moindres : le comportement des chiens renifleurs est influencé par celui de leur maitre. Une étude parue en 2011 dans le journal Animal Cognition rapporte que le comportement et les signaux non-verbaux du maitre-chien ont un impact sur les aptitudes des chiens à repérer les produits qu’ils ont été entrainés à repérer. Dix-huit équipes de chiens renifleurs de drogues et/ou d’explosifs et de maîtres-chiens ont ainsi été soumise à un test. Ils étaient chargés de repérer des traces de drogue (ou d’explosifs) sur quatre bouts de papiers différents. En réalité, aucun d’eux ne contenaient ces marques : ils étaient soit dénués d’odeur soit imprégné d’une odeur de nourriture censée stimuler la curiosité du chien. Or, les auteurs de l’étude ont affirmé à certains maitres-chiens que deux des quatre papiers contenaient des traces de drogue. Lorsque les maitres-chiens étaient persuadés que de la drogue était présente, les chiens ont commis bien plus d’erreurs que quand ils n’avaient pas été induits en erreur par les chercheurs. D’où leur conclusion : « les croyances des maîtres-chiens affectent les résultats des chiens renifleurs. »[1]

Un problème plus profond qu’on ne le pense

Cette étude a suscité la colère de nombreuses unités cynophiles, notamment aux États-Unis, lesquelles ont refusé de participer à nouveau à ce type de recherches. D’autres ont, quant à eux, reconnu que le comportement des chiens pouvait être affecté par leur propre comportement et certains services ont décidé de réentrainer des unités cynophiles pour pallier ces problèmes.

La question est loin d’être anodine. En effet, les policiers sont des humains qui ont donc une vision du monde obscurcie par de nombreux biais, notamment raciaux comme le dénonce le mouvement Black Lives Matter, aux États-Unis mais dans le reste du monde également. Les policiers américains sont ainsi bien plus enclins à considérer un noir ou un hispanique comme délinquant, trafiquant de cannabis, voleur ou autre et à le contrôler. Ce comportement raciste est ensuite reproduit par le chien. Or, comme les chiens renifleurs sont vus comme des « outils » neutres incapables d’aprioris racistes, la reconnaissance du problème est complexe. In fine, les chiens renifleurs prolongent les comportements racistes de leurs maitres, tout en rendant encore plus complexe la dénonciation de ceux-ci.


[1] Lisa Lit, Julie B. Schweitzer, Anita M. Oberbaue, ”Handler beliefs affect scent detection dog outcomes”, Animal Cognition, 2011, 14(3): 387–394 (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3078300/).

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