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DÉBUT DE L’ESSAI CLINIQUE SUR LE CANNABIS MÉDICINAL

Prévu pour débuter en octobre 2019 mais retardé à cause de la crise sanitaire, l’essai clinique sur le cannabis thérapeutique a enfin commencé dans toute la France. Cet essai clinique, sous contrôle d’un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST) fondé par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) se prolongera pendant deux ans et permettra à 3.000 patients de faite l’essai d’un traitement nouveau. Le ministre de la santé Olivier Véran s’est ainsi rendu fin mars au CHU de Clermont-Ferrand pour être présent au moment de l’historique première prescription de cannabis médicinal en France.

En quoi consiste cet essai clinique ?

Le gouvernement français est divisé sur la question du cannabis. Alors qu’Olivier Véran défend le cannabis médicinal depuis des années, Gérald Darmanin a fait la une des journaux il y a quelques mois, lorsqu’il avait qualifié cette plante de « merde », affirmant au passage qu’il ne la légaliserait jamais. Mais l’avancée des recherches scientifiques consacrées au cannabis, les progrès législatifs en matière de marijuana dans de nombreux pays, notamment européens, et l’ouverture d’une quantité toujours plus importante de boutiques CBD en France ont obligé le pouvoir exécutif à ouvrir les yeux sur le potentiel thérapeutique du cannabis et à au moins l’étudier.

Au total, 3.000 volontaires auront accès au cannabis médicinal. Il s’agit de personnes souffrant de troubles graves contre lesquels les traitements traditionnels se sont avérés inefficaces. Comme le souligne Nicolas Authier, le président du CSST, « actuellement, le niveau de preuve scientifique sur le cannabis médical ne permet pas de positionner ces médicaments en première attention ». En d’autres termes, le cannabis n’est considéré que comme une solution de secours, en cas d’échec des traitements conventionnels. Les patients participant à l’essai clinique sont donc des personnes souffrant notamment d’épilepsie réfractaire, de douleurs neuropathiques ou encore de sclérose en plaques. Même si rien n’est décidé pour le moment, il n’est pas impossible que des mineurs puissent participer à l’expérience. En revanche, les patients atteints de maladies cardiovasculaires ou souffrant de psychose seront inéligibles car le THC peut avoir un impact nocif sur la tension artérielle des premiers et aggraver la maladie des seconds.

Ces patients ne se verront évidemment pas remettre un joint, mais des huiles aux teneurs en THC et CBD variées. Celles-ci ne seront pas produites en France puisque la législation ne l’autorise pas. Elles seront fabriquées par Tilray, une entreprise canadienne spécialisée dans le cannabis médicinal qui a remporté l’appel d’offre de l’ANSM. Ces traitements seront d’ailleurs fournis gratuitement aux patients par l’entreprise elle-même. Il ne s’agit bien évidemment pas de philanthropie mais d’une manière astucieuse de se positionner sur un marché très juteux avant les autres comme l’ont dénoncé certains parlementaires comme Robin Reda. Dans une deuxième phase du test, des fleurs de cannabis pourront être mises à disposition des participants à l’essai clinique. Il est, en revanche, hors de question de les fumer. C’est la vaporisation qui sera de mise puisqu’elle évite la combustion, laquelle est nocive pour le système pulmonaire.

Sans surprise, cet essai clinique sera fortement contrôlé et suivi de près par le CSST. Les patients volontaires devront se soumettre à une consultation pour obtenir une ordonnance leur donnant accès aux traitements à base de cannabis précités. Ces consultations se tiendront dans l’un des 200 centres sélectionnés par l’ANSM. Ensuite, le pharmacien habituel des participants au test se chargera de la fourniture des huiles. Pour ce faire, il sera amené à suivre une formation. Quant aux prescriptions suivantes, elles seront fournies par des médecins généralistes, eux aussi volontaires pour participer à cet essai clinique et ayant suivi une formation. Ce sont aussi eux qui assureront le suivi des patients. De plus, des consultations plus poussées auront lieu périodiquement pour permettre à l’ANSM de recueillir des données permettant d’évaluer l’efficacité et l’intérêt de ces traitements. 

À terme, les données recueillies devront servir de base à un travail plus poussé permettant d’actualiser la législation en matière de cannabis thérapeutique (il n’est pour l’instant pas question de cannabis récréatif).

Si vous désirez en apprendre davantage sur cet essai clinique, consultez le dossier disponible sur le site de l’Agente Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé.

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.