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L’importance de la diversité génétique du cannabis

Les hommes cultivent du cannabis depuis des milliers d’années sur à peu près sur tous les continents. Tout au long de cette relation intime, ils ont bricolé la génétique du cannabis afin de créer des variétés qui répondent à leurs besoins médicaux, spirituels et économiques. Malheureusement, ces manipulations ont eu un coût considérable : nos efforts pour sélectionner les gênes les plus prometteurs ont abouti à un affaiblissement considérable de la richesse génétique du cannabis.

Bien que ces croisements multiples nous aient permis de créer des génétiques qui expriment nettement des traits très spécifiques et désirables – telle une haute teneur en cannabinoïdes – ils ont aussi conduit á la perte d’autres caractéristiques qui permettent notamment à la plante de s’adapter à différents environnements et de résister aux nuisibles et aux maladies. À moins que ces gènes ne soient réintroduits dans le génome du cannabis, l’espèce continuera de s’affaiblir, avec des conséquences potentiellement désastreuses.

Des variétés landraces à la sinsemilla. Une histoire de la diversité génétique du cannabis

On pense que le cannabis est originaire d’Asie et qu’il s’est a profité des routes commerciales humaines pour se répandre aux quatre coins du globe. Dans chaque nouvelle destination, la plante a été obligée de s’adapter à des conditions climatiques spécifiques, ce qui a entraîné l’émergence de nombreuses variétés de marijuana spécifiques aux quatre coins du monde. Connues sous le nom de landraces, ces variétés ont pu pousser à l’état sauvage, avec un grand nombre de plantes mâles et femelles côte à côte se reproduisant sans intervention humaine.

Comme personne ne contrôlait quelles plantes étaient autorisées à se reproduire, la diversité génétique était élevée parmi ces landraces, premières variétés de cannabis. Mais les choses ont changé à partir du XXe siècle, lorsque les breeders ont intensifié leurs efforts pour domestiquer le cannabis afin de créer des génétiques homogènes.

Ce travail impliquait la mise en œuvre de croisements mendéliens, dans lesquels seuls les individus qui expriment certaines caractéristiques sont sélectionnés pour la reproduction. Pour éviter toute pollinisation indésirable, toutes les plantes mâles sont alors retirées de la population et seul le pollen des meilleurs d’entre eux est utilisé pour fertiliser quelques femelles soigneusement sélectionnées.

L’élimination de toutes les plantes qui ne répondaient pas aux besoins spécifiques des breeders a entraîné une énorme diminution de la diversité génétique. Après tout, même si ces individus n’étaient pas aussi riches en cannabinoïdes que d’autres, ils possédaient d’autres attributs, telle une résistance élevée aux nuisibles, aux maladies ou à la sécheresse, par exemple. Empêcher ces individus de se reproduire a donc réduit la prévalence de ces caractères parmi les individus de l’espèce Cannabis Sativa L.

C’est néanmoins dans les années 1970 que ce processus s’est vraiment accéléré, quand les breeders américains ont intensifié leur production de cannabis sinsemilla. Le terme sinsemilla vient de l’espagnol et signifie « sans graines » pour désigner des plantes femelles non pollinisées. À ce stade, les breeders avaient déjà compris que la séparation des mâles et des femelles permettait la production de fleurs plus riches, car les femelles dépourvues de graines sont capables d’allouer plus d’énergie à la production de cannabinoïdes. C’est ainsi que s’est diffusée l’habitude de supprimer les mâles en clonant simplement les meilleures femelles à l’aide de boutures.

Si cette habitude a permis de stabiliser rapidement certaines génétiques en s’assurant que tous les individus possédaient les mêmes attributs, elle a également entraîné une diminution considérable de la diversité génétique du cannabis. Pour aggraver les choses, l’illégalité de la marijuana a empêché la création de banques de graines ou de bibliothèques génétiques à grande échelle, ce qui signifie que tous les gènes qui n’étaient pas spécifiquement sélectionnés par les breeders ont tout simplement disparu avec le temps. Aujourd’hui, la grande majorité des variétés landraces sont plus ou moins éteintes, de sorte que la restauration de la diversité génétique originale du cannabis sera probablement une tâche extrêmement difficile, voire impossible [1].

Les cultivateurs commerciaux aspirent généralement à créer du cannabis hautement homogène, mais une plus grande diversité peut être nécessaire pour préserver l’avenir même de l’espèce.

Pourquoi une faible diversité génétique du cannabis est-elle problématique ?

Pour stabiliser une variété, les cultivateurs de cannabis doivent reproduire leurs plantes à plusieurs reprises sur plusieurs générations. Ce processus permet de « corriger » certaines caractéristiques génétiques au sein d’une même variété, tout en réduisant simultanément la prévalence d’autres attributs qui ne sont jugés peu désirables.

Un tel travail peut s’avérer un jeu dangereux, car il implique que chaque plante d’une culture particulière partagera les mêmes points forts mais aussi les mêmes faiblesses. Par conséquent, si une maladie ou un nuisible survient et que ces plantes ont perdu leur capacité à résister, la culture entière peut être anéantie.

C’est un tel manque de diversité génétique qui détruisit les récoltes de pommes de terre en Irlande en 1854-1859 et causa une terrible famine qui tua près d’un million de personnes. Comme les pommes de terre étaient généralement clonées à partir de tubercules plutôt qu’à partir de graines, la grande majorité des plants de pommes de terre irlandais de cette période étaient génétiquement identiques. La génétique la plus courante à l’époque était l’Irish Lumper, laquelle avait été génétiquement prédisposée pour produire des pommes de terre d’une certaine qualité mais avait, par la même occasion, perdu toute résistance à une forme spécifique de maladie appelée « rouille ».

Lorsque cette maladie frappa les premiers plants de pommes de terre, rien ne l’arrêta et elle ravagea toutes les exploitations de pommes de terre du pays, éliminant une grande partie des cultures. Or, avec un peu plus de diversité génétique parmi les pommes de terre d’Irlande, il est probable que davantage de plantes auraient conservé la capacité de résister à la rouille, ce qui aurait pu se traduire traduirait par des pertes moins importantes.

À mesure que le génome du cannabis devient de plus en plus simple – ou homozygote -, la prévalence des gènes qui fournissent une résistance à différents stress environnementaux diminue, rendant cette plante vulnérable au type de catastrophe qui a dévasté les pommes de terre irlandaises.

Comment augmenter la diversité génétique du cannabis ?

Comme mentionné plus haut, les breeders ont passé des décennies à reproduire leurs plantes afin de créer des variétés à forte teneur en cannabinoïdes qui se vendaient bien plus facilement. Croiser ces plantes puissantes avec d’autres moins riches en THC mais plus résistantes n’aurait pas de sens d’un point de vue commercial ; pourtant de tels croisements pourraient permettre de sauver l’avenir de l’espèce.

Le processus de croisement de génétiques « consanguines » avec des plantes non apparentées est appelé barrage, et c’est le principal moyen par lequel la diversité génétique du cannabis peut être à nouveau augmentée. Il pourrait s’avérer avantageux de cesser de dépendre des clones et d’à nouveau produire des graines par pollinisation. Pourront alors naitre des plantes plus diversifiées génétiquement, processus qui pourrait encore être amplifié via le breeding des générations suivantes. Plus les plantes créées sont uniques, plus la culture sera génétiquement vigoureuse.

Ce projet se heurte néanmoins à un problème de taille, puisqu’il imposerait le sacrifice de certains traits particulièrement rentables au profit d’autres qui n’ont pas de valeur marchande immédiate. Après tout, personne ne veut acheter de l’herbe qui ne fait pas planer mais qui résiste bien aux champignons. Le défi consiste donc à inciter les cultivateurs commerciaux à créer du cannabis génétiquement diversifié plutôt que de continuer à sélectionner une gamme étroite de caractères.

Jusqu’il y a peu, l’illégalité du cannabis empêchait de tels progrès car les breeders ne pouvaient espérer gagner de l’argent qu’à travers la vente de leurs graines. Mais les bouleversements législatifs ouvrent désormais la porte à la création d’organismes industriels qui peuvent récompenser les breeders pour avoir amélioré la diversité génétique du cannabis, garantissant ainsi que l’espèce continue de prospérer dans le futur.

Conscient de ces enjeux importants, seedsman oeuvre à au développement de la diversité génétique du cannabis. C’est pourquoi, pour célébrer le Black Friday, cette banque de graines a proposé six génétiques créées spécialement pour l’occasion et produites en éditions limitées. Ces graines seront offertes GRATUITEMENT pour tout achat de graines de cannabis d’un montant de plus de 50€.

  1. Clarke RC, Merlin MD. Cannabis domestication, breeding history, present-day genetic diversity, and future prospects. Critical reviews in plant sciences. 2016 Nov 1;35(5-6):293-327. – https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/07352689.2016.1267498

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.

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