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LA DEA MET ENFIN FIN AU MONOPOLE FÉDÉRAL SUDER LA RECHERCHE SUR LE CANNABIS

L’Agence américaine de lutte contre la drogue (DEA) a annoncé qu’elle était sur le point d’accorder à des sociétés privées l’autorisation de produire du cannabis à fins de recherche. Auparavant, seul le National Institute on Drug Abuse (NIDA) était autorisé à fournir l’herbe destinée à la recherche. Or, la médiocre qualité des plantes fournies par l’institut a conduit de nombreux scientifiques à douter de la validité des études menées grâce au cannabis fédéral.

Le cannabis de mauvaise qualité entrave la recherche

En 1968, la DEA a autorisé une ferme de 12 acres gérée par le NIDA à l’université du Mississippi à cultiver et à fournir du cannabis pour des projets de recherche aux États-Unis. Plus d’un demi-siècle plus tard, cet institut détient toujours un quasi-monopole de la production de cannabis destiné à la recherche. Une telle situation entrave les avancées scientifiques. En effet, une seule installation ne peut pas produire l’immense diversité de génétiques disponibles.

Symptomatique de ces difficultés est le taux de THC des variétés fournies par le NIDA : il ne dépasse pas les 13 %, alors que de nombreux consommateurs de cannabis récréatif sont adeptes de variétés contenant 20 % de THC pou davantage. De plus, la plupart du cannabis produit par le NIDA ne contient pas autant de cannabinoïdes qu’indiqué sur l’étiquette.

Une étude publiée dans la revue Scientific Reports en 2016, a en effet constaté que la quantité moyenne de THC de l’herbe de la NIDA était de seulement 5,15 %, tandis que les concentrations moyennes de CBD étaient de 6,16 %[i]. Un tel cannabis est clairement beaucoup plus faible que celui que les gens ont tendance à utiliser, ce qui a conduit les auteurs de l’étude à douter de la représentativité des résultats des études menées sur un tel matériel.

Un autre pavé a été jeté dans la marre en 2017, lorsque des chercheurs travaillant sur le premier essai clinique consacré au cannabis comme traitement potentiel du stress post traumatique ont publié une image du matériel qu’ils avaient reçu de la NIDA. À l’œil nu, il est clair que ce cannabis est de mauvaise qualité. D’ailleurs, des analyses plus poussées ont révélé la présence de moisissures et seulement huit pour cent de THC.

Dans une interview accordée à PBS, la chercheuse Sue Sisley a affirmé que la substance qu’elle avait reçue “ne ressemblait pas à du cannabis, qu’elle ne sentait pas le cannabis” et que “si vous essayez de faire une étude où vous imitez ce que les patients font dans le monde réel, vous ne pouvez pas [utiliser cette herbe]”.

Une ère nouvelle pour la recherche consacrée au cannabis ?

Dans un communiqué publié la semaine dernière, la DEA a annoncé qu’elle était “sur le point de terminer l’examen de certaines demandes de cultivateurs de marijuana, ce qui lui permettra d’enregistrer prochainement des entités supplémentaires autorisées à produire de la marijuana à des fins de recherche”.

Sur la base des demandes reçues jusqu’à présent, la DEA affirme que plusieurs organisations semblent répondre aux normes requises pour l’obtention d’une telle approbation, ce qui signifie que les chercheurs devraient bientôt pouvoir obtenir du cannabis issu d’autres installations que la ferme du NIDA.

C’est une grande nouvelle pour la recherche sur le cannabis, qui ouvre la voie à des essais cliniques consacrés à une large gamme de génétiques, représentant ainsi plus fidèlement la consommation réelle de cannabis.

La date exacte à laquelle ces demandes devraient être approuvées n’a pas été annoncée, mais il semble bien que le monopole fédéral sur le cannabis de qualité recherche soit enfin arrivé à son terme.

[i] Vergara D, Bidwell LC, Gaudino R, Torres A, Du G, Ruthenburg TC, Decesare K, Land DP, Hutchison KE, Kane NC. Compromised external validity: federally produced cannabis does not reflect legal markets. Scientific Reports. 2017 Apr 19;7(1):1-8. – https://www.nature.com/articles/srep46528

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