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La Grande Dame du cannabis : portrait de Michka

Née en France mais citoyenne du monde, écrivaine, éditrice, aventurière, activiste et, surtout, passionnée par le cannabis autour duquel elle a construit une partie de sa vie, Michka Seeliger-Chatelain, dite Michka, est un personnage haut en couleur à la vie trépidante. Voici le portrait de cette femme de conviction, passionnée par les médecines douces et la spiritualité, à laquelle la communauté cannabique a octroyé le titre de « Grande Dame du cannabis ».

Une aventurière

Née en 1944 à Domme, en Dordogne, Michka a grandi à Paris et étudié à La Sorbonne. Mais, tentée par une vie d’aventure, elle quitte l’Hexagone après ses études pour résider en Angleterre durant quelques années. C’est à ce moment qu’elle découvre ce qui va être l’une des passions de sa vie, la navigation. Avec son compagnon d’alors, elle rachète un bateau construit à la fin du XIXe siècle, qu’ils rénovent avant de mettre les voiles vers la Méditerranée. Puis le couple part pour le Canada et s’installe du côté de Vancouver en 1970. Mais l’appel de la mer se faisant entendre, ils construisent un nouveau voilier de leurs propres mains avant de prendre le large. Passant par le canal de Panama, ils regagnent ainsi l’Europe en un an de croisière hauturière.

Le Mag-Mell dans lequel Michka a voyagé d’Angleterre à Majorque.

En Europe, Michka se sépare de son compagnon pour retrouver l’amour dans les bras de l’écrivain Hugo Verlomme. En 1978, le couple reprend la route du Canada et s’installe en Colombie-Britannique. Là, ils construisent une cabane au fond des bois, où ils vivent au contact de la nature, sans eau courante et sans électricité, s’éclairant avec des lampes à pétrole, faisant fondre de la neige pour obtenir de l’eau et se chauffant au bois. Une vie simple qui marquera durablement Michka et à laquelle elle restera fort attachée. C’est ainsi qu’elle retourne dans sa cabane tous les ans pour y passer quelques semaines, loin de la frénésie parisienne.

Si cette période influença si profondément Michka, c’est notamment parce que c’est là, près de Vancouver, qu’elle découvrit le cannabis. En France, elle avait été baignée de stéréotypes négatifs à l’égard de cette plante, envers laquelle elle ne sentait donc que méfiance. Mal à l’aise en présence d’un objet qu’elle connaissait mal, elle n’a pas profité de son premier joint. Mais elle eut le courage, la lucidité et/ou l’intelligence d’essayer encore. C’est ainsi qu’elle tomba amoureuse de cette plante aux multiples vertus.

Et il fallait l’aimer cette plante pour assumer le labeur préalable à sa consommation. En effet, à l’époque, l’herbe était importée du Mexique et consistait en une masse informe dont il fallait retirer ce qui pouvait être fumé. Il fallait d’abord enlever les petites branches et les très nombreuses graines avant de triturer le reste pour disposer d’un produit consommable.

En 1985, Michka regagne la France avec son compagnon et leurs deux fils. Elle collabore avec divers magasines, rédigeant notamment des rubriques consacrées au jardinage bio, dont elle fut l’un des premiers apôtres en France.

La Grande Dame du Cannabis

Michka dans son jardin à Paris

Une femme de lettres

C’est en France que Michka rédige son premier ouvrage, qu’elle intitule Le Grand Départ et la vie sur l’eau et qu’elle publie chez Albin Michel.

Mais bien vite, elle décide de mettre sa plume au profit d’une cause qui lui tient à cœur, celle du cannabis : « J’ai commencé à écrire il y a 45 ans pour que les gens découvrent que l’herbe peut être une amie et une alliée, comme je l’avais découvert moi-même. »[1]

En la matière, sa position est sans équivoque : « Il ne devrait pas y avoir de réglementation particulière, tout comme il n’existe aucune loi sur l’accès aux tomates. Tout le monde peut en acheter, en consommer, en cultiver et en vendre. J’aimerais qu’il en soit de même pour toutes les plantes. Je considère que le libre accès aux plantes est un droit fondamental de toutes les créatures vivantes. »[2]

Animée d’une volonté farouche, d’une conviction profonde et d’un amour incommensurable, elle rédigea plusieurs livres dont les plus connus sont Le dossier vert d’une drogue douce (1978 – en collaboration avec Hugo Verlomme) et Le cannabis est-il une drogue ? (1993).

En 2000, cette amoureuse des plantes et de la nature fonda la maison d’édition Mama en collaboration avec Tigrane Hadengue, se donnant pour mission de publier des livres « qui font du bien ». Son catalogue comprend, outre les ouvrages de Michka elle-même, des livres sur le cannabis, telle la traduction française de la biographie d’Howard Marks (Mr Nice), mais aussi des livres consacrés à la spiritualité, au chamanisme et aux liens unissant les humains au cosmos. Cette maison d’édition permet par ailleurs à Michka d’insister sur un autre trait de son identité et de son combat : la féminité, élément central s’il en est puisque le nom même de la maison d’édition y fait directement référence.

La Grande Dame du Cannabis

Michka et Howard Marks au Cannabusiness en 1996 en Allemagne.

À partir de 2000, c’est donc chez Mama Éditions que Michka publie la plupart de ses textes, dont le célèbre Cannabis médical, Du chanvre indien au THC de synthèse, publié en 2009 et écoulé à près de 47.000 exemplaires. Dans ce texte riche, Michka dresse le bilan du cannabis en ce début de XXIe siècle, donnant au passage la parole à certains des plus grands spécialistes mondiaux de la question, comme Denis Richard, Jorge Cervantes ou encore Manuel Guzmán.

Une activiste acharnée

Son combat en faveur du cannabis, elle ne l’a pas mené qu’au travers de l’écriture. Et son plus grand coup d’éclat est clairement la lutte qui l’opposa au professeur Gabriel Nahas, dans les années 1990. Il s’agissait d’un conseiller de l’OMS et conseiller en matière de drogues de Jacques Chirac, alors maire de Paris. Mais c’était surtout un opposant farouche au cannabis qui, pour défendre sa position, n’hésitait pas à trafiquer certaines études et à travestir la réalité au profit de son idéologie anti-cannabis. Michka avait déjà dénoncé ses agissements en 1978 dans Le dossier vert d’une drogue douce.

Quand, dans les années 1990, elle réalise que Nahas est toujours aussi influent et malhonnête, elle prend le taureau par les cornes et publie dans la revue Maintenant une critique acerbe à son encontre. Pris en défaut, celui-ci ne peut répliquer que par la voie judiciaire et intente un procès à Michka. Elle est finalement condamnée à lui verser un franc symbolique. « En réalité, vu l’opinion publique, c’était se rapprocher de la victoire autant qu’on pouvait l’espérer », dira-t-elle plus tard. Et elle n’a pas tort, car son texte et le procès qui s’ensuivit permirent de divulguer au grand jour le caractère idéologique éhonté des études du professeur Nahas.

La Grande Dame du Cannabis

Michka et le professeur Nahas, vus par le magazine High Times (1995)

La Grande Dame du cannabis

Cette vie passée à lutter pour le cannabis a valu à Michka la reconnaissance de la communauté cannabique qui lui a progressivement attribué le titre honorifique de « Grande Dame du Cannabis ».

Mais ce n’est pas tout. En 2017, la mythique banque néerlandaise Sensi Seeds a créé une variété à laquelle elle a donné son nom. Il s’agissait alors de créer une variété qui ressemble à Michka et qui la représente au mieux. Quand Michka a découvert le cannabis, c’étaient des sativa pures issues d’Amérique du Sud qu’elles fumait. Elle a gardé l’amour de ce high si spécifique toute sa vie et c’est cette sensation qu’elle voulait retrouver dans la variété créée en son honneur. Par ailleurs, au début des années 1990, lors de la première High Times Cannabis Cup à Amsterdam, elle a découvert la Northern Lights #5 x Haze de Sensi Seeds. C’était la première fois qu’elle se trouvait en contact avec une variété « moderne » et elle l’a adorée. Elle a donc demandé à Sensi Seeds de créer une pure sativa qui, de préférence, soit une Haze. Ainsi est née la « Michka », une herbe à l’image de la Grande Dame du cannabis, féminine, car puissante mais pas violente, comme Michka la décrit elle-même.[3]

La Grande Dame du Cannabis

La Michka de Sensi Seed


[1] https://www.cannabis.es/pw/2018/10/08/michka-seeliger-chatelain-la-grande-dame-du-cannabis/

[2] https://canamo.net/cultura/entrevistas/la-mujer-de-la-eterna-sonrisa

[3] https://canamo.net/cultura/entrevistas/la-mujer-de-la-eterna-sonrisa

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