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LA TAILLE AUGMENTE-T-ELLE LES NIVEAUX DE CANNABINOÏDES ?

La taille consiste à enlever l’excès de feuillage. C’est une pratique assez courante chez les cultivateurs de cannabis, car elle permet aux plantes d’allouer une plus grande partie de leurs ressources énergétiques au développement des fleurs. Le désencombrement d’une plante garantit également que toutes les têtes reçoivent une exposition maximale à la lumière et améliore la circulation de l’air. Cependant, de nouvelles recherches ont révélé que le fait de tailler deux fois les plantes de cannabis pourrait être le moyen le plus efficace d’augmenter les rendements en cannabinoïdes.

La taille optimise la structure des plantes de cannabis

La taille est loin d’être le seul moyen de modifier la structure d’un plant de cannabis. En général, cette pratique implique l’élimination des feuilles, des branches et des nœuds, mais certains cultivateurs préfèrent s’en tenir à des méthodes plus douces comme la défoliation, qui n’implique que l’élimination des feuilles. Les auteurs d’une nouvelle étude ont expérimenté huit “traitements différents de manipulation de l’architecture des plantes” avant de mesurer comment ceux-ci affectaient l’inflorescence et les concentrations en cannabinoïdes afin de déterminer quelle technique est la plus bénéfique.[i]

Leurs résultats indiquent que la défoliation permet à la plus grande quantité de lumière d’atteindre les fleurs situées au plus bas sur la plante, ce qui entraîne un profil de cannabinoïdes plus uniforme. Dans d’autres configurations, l’intensité lumineuse réduite plus près du sol a conduit certaines fleurs a générer des concentrations beaucoup plus faibles de THC, de CBD et d’autres composés, ce qui a entraîné une répartition inégale des cannabinoïdes dans toute la plante.

Dans l’ensemble, cependant, les chercheurs ont constaté que le fait de tailler les plantes de cannabis deux fois – une fois pendant le stade végétatif et une fois lorsque la photopériode est modifiée pour amorcer la floraison – donnait le meilleur rendement global en cannabinoïdes. Les plantes “témoins”, que l’on a laissé pousser naturellement sans aucune forme de manipulation architecturale, ont produit en moyenne 0,794 gramme d’acide tétrahydrocannabinolique (THCA – la forme carboxylée du THC) et 14,099 grammes d’acide cannabidiolique (CBDA, qui est converti en CBD lors de la décarboxylation). Toutefois, la double taille de leurs plants de cannabis a considérablement augmenté ces valeurs, chaque plant générant 1,119 gramme de THCA et 22,446 grammes de CBDA.

Il est important de noter que cette expérience a été menée en utilisant un seul cultivar à forte teneur en CBDA et que ces résultats ne sont pas nécessairement reproductibles avec d’autres variétés. Fait intriguant, les mêmes chercheurs ont publié ce mois-ci une deuxième étude pratiquement identique, à la seule différence que, cette fois, ils ont mené leurs expériences sur deux cultivars de cannabis distincts. Ils ont pu déterminer que la manipulation de l’architecture ne produit pas toujours le même effet lorsqu’elle est appliquée à plusieurs variétés et que le génotype d’une plante influence la façon dont elle réagit à ces techniques.[ii]

La taille du cannabis est-elle nécessaire ?

Comme indiqué précédemment, tout le monde n’est pas favorable à la taille des plants de cannabis, et ceux qui le sont le font généralement avec beaucoup de précautions. Les plantes peuvent être encouragées à renforcer et à nourrir les fleurs restantes en supprimant stratégiquement certains branches et nœuds, ce qui permet d’obtenir des fleurs plus grandes et des concentrations de cannabinoïdes plus élevées.

Cependant, la taille stresse également les plantes de cannabis ; elle ne doit donc être pratiquée que sur des phénotypes en bonne santé et jamais pendant la phase de floraison. Les résultats de l’étude mentionnée ci-dessus donnent des pistes intéressantes, mais il ne faut pas en déduire que tous les plants de cannabis répondront favorablement à la double taille.

En fin de compte, il n’existe pas d’approche unique, et c’est à chaque cultivateur d’expérimenter et d’apprendre à connaître ses plantes pour déterminer s’il faut ou non les tailler.

Références

[i] Danziger N, Bernstein N. Shape Matters: Plant Architecture Affects Chemical Uniformity in Large-Size Medical Cannabis Plants. Plants. 2021 Sep;10(9):1834. – https://www.mdpi.com/2223-7747/10/9/1834

[ii] Danziger N, Bernstein N. Plant architecture manipulation increases cannabinoid standardization in ‘drug-type medical cannabis. Cultures et produits industriels. 2021 Sep 1;167:113528. – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0926669021002922

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