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Le Club Des Hachichins: le premier et le plus cool club de cannabis au monde

Paris au milieu du XIXe siècle était un endroit incroyablement cool, émergeant comme l’épicentre du mouvement artistique romantique qui a produit certaines des plus fabuleuses peintures et romans que le monde ait jamais vus. Et tandis que les intellectuels parisiens se réunissaient dans les cafés pour discuter des dernières avancées artistiques, ceux à la pointe du mouvement savouraient leur café avec une dose généreuse de cannabinoïdes au légendaire Club des Hachichins.

Peut-être le premier club de cannabis au monde, ce rassemblement régulier d’artistes était sans aucun doute le groupe de connaisseurs de marijuana le plus chic jamais réuni, comprenant des auteurs comme Victor Hugo, Alexandre Dumas et Honoré de Balzac, ainsi que des peintres comme Eugène Delacroix Se réunissant entre 1844 et 1849 à l’hôtel Lauzun (sur invitation uniquement, bien sûr), les élites artistiques qui composaient le club étaient bien trop cool pour les spliffs, et avaient l’habitude de boire du café arabe épicé et agrémenté de copieuses quantités de hasch – ou dawamesk, comme on l’appelle en Afrique du Nord.

From Napoleon To Les Miserables

Le Club des Hachichins doit ses origines à Napoléon, qui a envahi l’Égypte en 1878. C’est ici que ses troupes ont rencontré pour la première fois du haschich et y ont pris goût malgré que Bonaparte leur interdît de fumer ou d’ingérer quoi que ce soit contenant du cannabis. En rentrant chez eux en France, les hommes de Napoléon ont emmené leur nouvelle découverte avec eux, offrant au pays sa première dégustation de bud.

Hôtel de Lauzun. – Wikipedia

Le psychiatre parisien Dr Jacques Joseph Moreau fut l’un des premiers scientifiques à s’intéresser au cannabis dans les années 1840, et c’est lui qui fonda le Club des Hachichins en offrant une tasse de dawamesk au philosophe et journaliste Théophile Gautier.

Étant l’un des chefs de file du romantisme, Gautier a contribué à populariser le hasch parmi la crème de la crème de la scène artistique parisienne, dont beaucoup se sont joints à lui et Moreau pour leurs rencontres régulières. En 1846, il publie un essai dans la Revue des Deux Mondes, intitulé « Le Club des Hachichins », dans lequel il décrit la « confiture verdâtre » que lui et ses contemporains appréciais avec leur café.

Gautier décrit également sa première dégustation de haschich, que Moreau lui prépara en précisant que « cela sera déduit de votre part de paradis ».

Une adhésion très élitiste

Parmi les membres du club se trouvait le célèbre poète Charles Pierre Baudelaire, qui aurait hésité à essayer le cannabis et assista souvent aux réunions sans en consommer. Cependant, après avoir finalement goûté au dawamesk, il écrivit une longue description de son expérience, qui fut plus tard traduite en anglais par le légendaire excentrique anglais Aleister Crowley.

Le texte décrit comment il a d’abord été submergé par les fous rires, car « au début, c’est une certaine hilarité, absurdement irrésistible, qui vous possède ». Cependant, cela cède rapidement la place à ce qu’il décrit comme « une félicité calme et immobile », par laquelle « la douleur et le sens du temps disparaissent ».

Comme mentionné précédemment, Le Club des Hachichins était également fréquenté par Victor Hugo, dont les œuvres les plus célèbres incluent Le Bossu de Notre-Dame et Les Misérables, ainsi que par Alexandre Dumas, auteur des Trois Mousquetaires et du Comte de Monte Cristo. Ce dernier roman, qui a été publié pendant l’apogée du club, fait plusieurs références aux effets euphoriques du haschich, allant jusqu’à l’utiliser comme dispositif d’intrigue pour manipuler les actions de certains personnages.

Par exemple, lorsqu’il offre du haschich à un invité, le comte de Monte Cristo s’exclame : « Ce genre de confiture verte n’est rien de moins que l’ambroisie que Hebe servait à la table de Jupiter », avant d’ajouter « goûtez ceci et les frontières du possible disparaissent. »

La science rencontre les arts

Si Le Club des Hachichins a peut-être contribué à inspirer l’esprit de certains des plus grands artistes français, il a également laissé un héritage scientifique sous la forme du livre de Moreau, De Hachish et de l’Aliénation Mentale – Études Psychologiques.

Publié en 1946, l’ouvrage est l’une des premières analyses du potentiel thérapeutique du cannabis rédigées par un scientifique occidental. Dans ce document, Moreau présente ses observations sur les effets des cannabinoïdes, expliquant comment ils permettent à de nouvelles idées d’émerger et à des croyances rigoureusement tenues de se désintégrer. Il affirme donc que le cannabis pourrait être utilisé dans le traitement de la dépression, en permettant aux personnes atteintes de se libérer de leurs schémas de pensée négatifs.

Plus de 150 ans plus tard, les psychiatres contemporains commencent à peine à réaliser que Moreau était probablement sur la bonne voie.

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