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LE GROWER WEEDINI NOUS FAIT PART DE SON EXPÉRIENCE

Weedini est un producteur de cannabis en Jamaïque depuis plus de vingt ans. Depuis son arrivée en Jamaïque, il s’est concentré sur la culture de cannabis biologique en extérieur et a été amené à gérer des fermes commerciales et privées. Il nous fait part de son expérienceet donne quelques conseils qui serviront autant aux novices qu’aux plus aguerris des cannabiculteurs.

Pourquoi cultivez-vous et comment êtes-vous entré dans ce monde ?

J’ai commencé car je voulais m’assurer que le ganja que je fumais était de bonne qualité. Par hasard, ma première culture d’extérieur m’a donné un mâle, trois femelles et des tonnes de graines. C’est ainsi que j’ai dû, un peu par hasard, me lancer dans le breeding. Par chance, ces premières graines étaient d’excellente qualité, ce qui m’a fasciné et alimenté mon attirance pour tout ce processus. Je me suis donc vite passionné pour le breeding. Maintenant, la culture du cannabis et la sélection / création de nouvelles variétés sont devenues l’une de mes principales passions, sinon la principale.

Quelle est votre variété préférée et pourquoi ?

Pour le moment, ma variété préférée est l’une de mes propres variétés « LP » qui signifie Lion Paw ou Lost Parish. C’est une plante à dominance indica mais qui pousse tout en hauteur et dont les feuilles sont assez fines. Son parfum très piquant de pamplemousse et d’ananas est un vraiment enivrant ; sa récolte est abondante ; ses fleurs sont grandes et colorées de teintes violettes ; ses têtes sont couvertes d’une dense résine. C’est une variété très résistante aux moisissures et qui peut résister à de fortes pluies. Elle est idéale pour la production de haschisch et produit une excellente herbe très populaire ici en Jamaïque. Ce n’est qu’un clone pour le moment, mais je devrais le stabiliser pour la production de semences au cours de l’année qui vient.

Pour être honnête, ma variété préférée à fumer change tout le temps en fonction de ce que je ressens, des effets que je recherche et de ce qui est disponible à un moment donné.

Quelle est votre méthode de germination préférée ?

J’utilise des pastilles de coco jiffy et de l’eau pour faire germer les graines et les garder protégées sous un filet pour éviter que les souris, les rats, les lézards ou les insectes ne les abîment, le tout à l’intérieur sous une lumière fluorescente à haut rendement. J’aime les jiffy car ils sont petits et faciles à organiser dans des plateaux, en particulier lorsque vous travaillez avec un grand nombre de graines et plus d’une variété. J’obtiens ainsi un bon taux de germination. Si les graines sont un peu vieilles, vous pouvez essayer de les faire tremper dans un verre d’eau tiède pendant la nuit pour en ramollir la coquille extérieure, ce qui aidera à la germination. Mais ne les laissez pas trop longtemps car elles pourraient se gâter.

Quelles sont les caractéristiques d’un bon sol ?

Un bon sol, à mon avis, est un sol organique et de préférence une terre végétale vierge. Le sol doit être un écosystème vivant qui fournit tous les micro et macro nutriments dont vos plantes ont besoin pour prospérer. Le sol doit être vivant et il a besoin d’un drainage suffisant ; la présence de vers constitue un bon indice de la qualité du sol. Si vous composez votre propre, je vous suggère d’utiliser de l’humus de lombric et des mycorhizes lors de la transplantation, que ce soit dans le sol ou en pot. Je suis sur le point de construire un nouveau vermicompost pour créer mon propre humus de lombric. Je reçois du fumier de vache d’une ferme biologique et aussi du fumier de poulet (assurez-vous qu’il n’est pas trop frais et qu’il sèche pendant quelques mois sinon il brûlera les plantes). Idéalement, le sol doit contenir tout ce dont la plante a besoin durant l’ensemble de son cycle de vie. Je vais souvent collecter de la terre végétale ci et là pour obtenir une plus large gamme de nutriments. J’ajoute du sable de rivière au mélange ainsi que de la roche concassée pour le drainage et aussi de la mousse de tourbe ou de la fibre de coco. J’ajoute également de la perlite. L’arrosage avec une cuillère à soupe de mélasse par gallon d’eau aide également à donner vie à votre sol (la mélasse est également utile pour la croissance des fleurs car elle a un NPK moyen de 1:0:5). Je recommande également l’utilisation de thés de compost. On pourra en reparler.

Qu’est-ce qui doit être pris en considération dans l’organisation de l’espace de culture ?

Lorsque vous organisez votre espace de culture en extérieur, choisissez un endroit où l’eau ne s’accumulera pas et ne stagnera pas, un endroit où l’eau de pluie s’écoulera aisément pour éviter que les plantes ne se noient et que leurs racines ne pourrissent. Choisissez un endroit bien ensoleillé et assurez-vous d’avoir une bonne source d’eau. Si vous vivez en zone équatorialle, gardez vos plantes en état végétatif suffisamment longtemps pour qu’elles croissent fortement. Vous serez donc sans doute amené à utiliser de l’électricité. Vous aurez donc besoin d’électricité. Si votre zone de culture se trouve dans un endroit où l’eau s’accumule, il est préférable d’utiliser des pots et de les poser sur des palettes. Le sol est également important, mais vous pouvez toujours modifier le sol avec du compost, du fumier et des nutriments si le vôtre est épuisé et doit être ajusté en termes de valeurs NPK, de drainage ou de pH.

Quels sont les nuisibles les plus fréquemment rencontrés et quelles sont vos méthodes préférées pour les combattre ?

Les principaux nuisibles auxquels je dois faire face en Jamaïque sont les chenilles. J’utilise donc du « Dipel », du « xantari » et du « Agree ». Ces produits sont tous certifiés pour la production biologique. J’en pulvérise tous les 5 jours. D’autres problèmes sont le septoria, l’oïdium, les acariens, les pucerons et certains coléoptères. Pour éviter la propagation de tout ce qui précède, l’essentiel est d’avoir suffisamment d’espace entre vos plantes pour qu’aucune ne se touche. Au moindre signe de septoria (taches jaunes sur les feuilles), les feuilles doivent être retirées de la plante. L’huile de neem mélangée à un savon insecticide est un bon pesticide biologique et fonctionne bien pour empêcher la propagation du septoria. La clé est d’avoir un sol vivant sain ; l’utilisation régulière de thés de compost améliorera la santé du sol et aidera à réduire le risque de septoriose des feuilles.
Pour l’oïdium, j’utilise un spray de bicarbonate de potassium. Cela modifie le pH à la surface des feuilles et tue le mildiou. Les lampes UVC-A peuvent être utilisées pour éliminer les moisissures et les bactéries indésirables, mais assurez-vous de porter le bon équipement de sécurité car cela peut endommager les yeux et la peau.

Comment décidez-vous quand récolter et stressez-vous les plantes avant la récolte ?

Je choisis le moment de la récolte en fonction du calendrier et de l’expérience fournie par les cultures précédentes (j’enregistre les données des cultures précédentes pour chaque variété). J’utilise également une loupe pour inspecter les trichomes. Je vérifie la plante entière de haut en bas et je cherche des trichomes au teint laiteux opaque avec une touche d’ambre qui commencerait à apparaître. Je ne stress jamais les plantes, sauf, parfois, accidentellement.

Comment récoltez-vous, séchez-vous et affinez-vous votre cannabis ?

Comme le taux d’humidité moyen est très élevé en Jamaïque, l’air conditionné est un must pour le séchage. Je n’utilise pas de déshumidificateur car un climatiseur seul fait largement l’affaire. Je le mets sur 18ºC, coupe les branches et les attache à une ficelle. J’installe aussi un petit ventilateur qui permet de maintenir l’air en mouvement, ce qui permet d’éviter le développement de moisissures. Avec cette technique, il me faut environ une semaine de séchage avant de pouvoir passer à la manicure. Une fois la manicure terminée, je place les fleurs dans des bocaux que je conserve au frigo et que j’ouvre quotidiennement. Je ne remplis jamais mes bocaux au-delà de 80% pour être sûr que les têtes ne pourissent pas Habituellement en une semaine, le cannabis est prêt à être manucuré, après quoi, je le place dans des bocaux en verre au réfrigérateur, bocaux que j’ouvre tous les jours. Je laisse le tout ainsi au moins un mois.

Bio ou pas ? Quelle est la différence?

En ce qui me concerne, je suis adepte du bio. J’essaie d’ailleurs généralement de consommer de la nourriture biologique. Les fruits et légumes bio ont certes tendance à être plus petits, mais ils ont tellement plus de goût et sont tellement meilleurs pour la santé. La même logique s’applique au cannabis. Les engrais bon marché à base de sels permettent aux légumes de bien grandir et au cannabis de produire de grandes fleurs mais leur goût n’est pas aussi satisfaisant. En effet, la taille ne fait pas tout. D’ailleurs, bio ne signifie pas nécessairement plus petit. J’ai moi-même vu des fleurs issues de cultures biologiques qui étaient véritablement immenses. En fin de compte, l’agriculture biologique est meilleure pour l’environnement, pour la nature et pour la société.

À votre avis, y a-t-il une différence notable d’effet (récréative et thérapeutique) entre le cannabis cultivé à l’intérieur et à l’extérieur?

Tout comme je suis adepte des cultures outdoor, j’apprécie particulièrement fumer en extérieur. Je suppose que je suis une personne en plein air. En extérieur, le cannabis a un goût est plus naturel, surtout s’il est cultivé de façon biologique. La fumée est alors plus douce et les terpènes plus affirmés. Et ce n’est pas un hasard : comment voulez-vous faire procurer aux plantes plus que ce que le soleil lui-même leur fournit ? Et ce n’est pas un hasard : comment voulez-vous faire procurer aux plantes plus que ce que le soleil lui-même leur fournit ? Quand je fume de l’herbe biologique à l’extérieur, je me sens bien car je connais son potentiel et sa qualité. Cela a un effet sur ce que je ressens quand je suis défoncé car je suis en paix avec moi-même et je parviens alors à ressentir l’instant présent.

En extérieur, comment organisez-vous votre culture et comment protégez-vous vos plantes des conditions climatiques ?


Pour éviter que les très fortes pluies n’endommagent vos cultures, utilisez des pots en feutre placés sur des palettes, remplissez-les d’un mélange de terreau et de terre et assurez-vous que le drainage soit optimal. Utilisez des tuteurs pour supporter le poids des plantes. Pour lutter contre les vents violents, utilisez beaucoup de tuteurs (le bambou fonctionne bien), et attachez-y autant de branches que possible dès l’annonce des vents violents. Utilisez des éponges là où les tuteurs touchent les tiges pour éviter tout dommage. Contre le gel, la nuit, recouvrez votre culture d’un plastique. Contre la chaleur utilisez un chiffon quelconque pour conserver vos cultures à l’ombre. Enfin, contre le manque de luminosité, lorsque les jours rétrécissent, envisagez un éclairage supplémentaire.

Quelle a été la plus grande difficulté que vous ayez eue à affronter ?

La plus grande difficulté que j’ai affrontée au cours de ma carrière a été de commencer un nouvel emploi en tant que producteur principal et responsable R & D pour une grande entreprise de cannabis. J’ai tenu une année entière à ce poste au grand étonnement de mon frère qui pensait que je serais parti après le premier mois. Bien que j’aie beaucoup appris, j’ai été heureux de partir et d’être à nouveau libre. Le cannabis est la seule chose qui aurait pu me faire entrer dans le monde de l’entreprise mais je n’ai pas déménagé en Jamaïque pour travailler en entreprise. J’ai déménagé ici pour vivre hors réseau, pour être libre, pour produire ma propre nourriture et mes propres plantes médicinales dans la jungle, pour cuisiner au feu de bois et faire de la musique. Ne vous cantonnez pas à des réunions pour le restant de votre vie.

L’installation des tuteurs

Quand j’ai commencé ce travail, on m’a dit que toute la culture était infestée d’acariens. J’ai donc suggéré de la déplacer de la zone la serre vers l’extérieur et d’installer avec des projecteurs extérieurs pour prolonger les journées et garder les plantes à l’état végétatif. Les prédateurs naturels (coccinelles principalement) ont alors mangé tous les nuisibles, les serres ont été nettoyées de fond en comble puis utilisées occasionnellement pendant les 2 à 3 dernières semaines de floraison, en cas de pluie, toutes les plantes ont été cultivées dans des pots avec un mélange de fibre de coco, de compost, de perlite et de fumier. Mes anciens employeurs n’ont plus jamais eu de problème avec les nuisibles et ils utilisent toujours cette méthode de culture aujourd’hui.

Du haut de votre expérience, quelles sont les informations que vous auriez souhaité recevoir quand vous avez commencé.

Je dirais qu’il suffit de faire comme on le sent sans trop se poser de questions. Cultivez et fumez jusqu’à ce que votre cœur soit satisfait et soyez fier de cultiver et de consommer cette plante si magique. On m’a toujours dit que c’était mauvais et interdit etc. Cet embrigadement, vous l’aurez sans doute aussi subi et vous avez donc sans doute une image négative du cannabis. Or, les vertus thérapeutiques de cette plante sont aujourd’hui bien connues, à tel point que sa consommation est légale dans de nombreux pays. Alors « profitez » (de manière responsable bien sûr) et ne vivez pas dans la peur et la honte. Le cannabis est bon pour vous et peut réparer toutes sortes de choses : j’ai même réparé un téléphone portable avec du haschich en guise de colle.


Quant à d’éventuels conseils de culture pour les débutants, tout ce que je peux dire, c’est d’acheter des graines de cannabis chez seedsman et de les faire germer (si c’est légal là où vous vivez). Toutes les informations dont vous avez besoin sont aisément disponibles. Je suggère cependant de laisser les plantes libres de faire leur travail et de grandir sans les trop les manipuler. Je vois beaucoup de cultivateurs débutants qui semblent s’ennuyer, font trop de recherches et veulent constamment manipuler leurs plantes pour en augmenter le rendement ou en accélérer la croissance, comme l’effeuillage par exemple. comme l’effeuillage par exemple. Les feuilles sont là pour une bonne raison et, à moins que la plante ne soit malade, laissez-la tranquille. Les plantes ont des feuilles pour permettre la photosynthèse. C’est ainsi que la nature l’a organisé, alors laissez faire la nature. Les feuilles sont comme des panneaux solaires donnant de l’énergie à vos plantes et les fleurs consommeront même les nutriments présents dans les feuilles à mesure qu’elles mûrissent et que les feuilles commencent à jaunir et à tomber. Donc, si vous retirez les feuilles vertes de votre plante, vous risquez d’en ralentir la croissance et d’avoir un rendement plus petit. Apprenez à mesure que vous grandissez et utilisez les forums et les blogs dédiés à la culture du cannabis pour comprendre comment d’autres s’y prennent.

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.

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