Seedsman Blog

LE LIEN ENTRE LES CANNABINOÏDES ET MICROBIOTE INTESTINAL

Au cours des dernières années, les scientifiques ont porté une attention toute particulière à l’axe intestin-cerveau, ce qui a permis une meilleure connaissance de la manière dont les bactéries présentes dans nos intestins influencent notre humeur, notre cognition et notre santé mentale. Selon les dernières recherches, les cannabinoïdes jouent un rôle clé dans la médiation de ces effets, ce qui suggère que les dommages causés par des microbes à notre microbiote intestinal pourraient être inversés par certains des composés présents dans le cannabis.

Les cannabinoïdes et l’axe intestin-cerveau

Ce n’est que récemment que les chercheurs ont appréhendé l’effet du microbiote intestinal sur le système nerveux central, et vice versa. En effet, alors que le cerveau est capable d’envoyer des signaux chimiques dans l’intestin afin de réguler l’appétit et la digestion, de plus en plus de recherches suggèrent que les bactéries que contient ce dernier libèrent également des métabolites qui voyagent dans la direction opposée afin d’altérer les fonctions cérébrales.

Il est désormais largement admis que la composition du microbiote intestinal d’une personne influence de manière significative son risque de développer des problèmes de santé mentale tels que la dépression. Les dernières preuves de ce lien ont récemment été mises en avant dans la revue Nature Communications [i], dans une étude qui suggère que certaines bactéries intestinales étaient capables d’inhiber, voire d’empêcher la production de cannabinoïdes dans le cerveau, d’où un impact négatif sur la santé mentale.

Les auteurs de l’étude ont d’abord étudié des souris qui souffraient d’une forme de dépression spécifique à l’animal. Lorsqu’ils ont transplanté les bactéries intestinales de ces rongeurs dans les intestins de souris saines, ils ont vu les destinataires développer des symptômes similaires à ceux observés chez les donneurs, y compris des comportements dépressifs.

Les chercheurs ont alors noté que les niveaux d’un endocannabinoïde appelé 2-arachidonoylglycérol (2-AG) avaient chuté dans l’hippocampe de toute les souris en bonne santé auxquelles avaient été administrées ces bactéries intestinales associées à la dépression. Cette diminution des taux de 2-AG a provoqué une réduction soudaine de la neurogenèse dans l’hippocampe, ce qui a fait perdre à ces souris la capacité de former de nouveaux neurones dans la zone du cerveau qui contrôle la mémoire et l’apprentissage.

Cependant, lorsque les auteurs de l’étude ont injecté du 2-AG dans le cerveau de ces souris malades, la neurogenèse de l’hippocampe a été rétablie et les comportements dépressifs ont été atténués. De même, la transplantation de bactéries intestinales saines chez des rongeurs souffrant de dépression a, elle aussi, déclenché une augmentation des niveaux de 2-AG, conduisant à une neurogenèse améliorée et à une réduction des symptômes.

Fait intéressant, le 2-AG se lie à certains des récepteurs auxquels se lient les cannabinoïdes végétaux comme le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). Il s’agit d’une découverte importante et permet d’encore éclairer la contribution des bactéries intestinales à certains troubles cognitifs. À la lumière de cette compréhension, certains scientifiques commencent à envisager le cannabis comme traitement de certaines maladies puisqu’il semble bien pourvoir annihiler les effets nocifs de bactéries nocives au microbiote intestinal.

Cannabinoïdes végétaux et bactéries intestinales

Les endocannabinoïdes ne sont pas les seuls à pouvoir protéger le cerveau des pathogènes intestinaux. Il a été démontré que le THC et le CBD aidaient aussi à inverser certains troubles cognitifs et émotionnels en interférant directement avec le microbiome intestinal. Il a été démontré que le THC et le CBD aidaient aussi à inverser certains troubles cognitifs et émotionnels en interférant directement avec le microbiome intestinal.

Par exemple, une étude récemment publiée dans la revue Brain, Behavior and Immunity [ii] a révélé que les souris souffrant d’une forme murine de sclérose en plaques (SEP) ont tendance à renfermer des niveaux élevés d’une bactérie appelée Akkermansia muciniphila (A. muc) dans leur intestin. Ces organismes libèrent un type de toxine qui provoque une inflammation du cerveau et sont une cause majeure de SEP.

Cependant, l’administration simultanée de THC et de CBD a permis aux auteurs de l’étude de modifier le microbiote intestinal de ces souris. Plus précisément, ces cannabinoïdes ont provoqué une réduction notable des populations d’A. Muc dans les intestins des rongeurs. Cette réduction a conduit à une diminution de la concentration de toxines dans le cerveau et à une amélioration significative des symptômes de la SEP.

Prises ensemble, toutes ces preuves suggèrent que les cannabinoïdes – y compris ceux que l’on trouve dans le cannabis – peuvent avoir un rôle majeur à jouer dans l’axe intestin-cerveau et semblent protéger le cerveau contre de nombreux métabolites nocifs libérés par des bactéries intestinales malsaines.

Si vous souffrez, consultez un médecin pour lui faire part de vos symptôme et ne vous contentez pas d’acheter des graines de cannabis pour ensuite consommer les fleurs que vous produirez.

[i] Chealier et al., ‘Effect of gut microbiota on depressive-like behaviors in mice is mediated by the endocannabinoid system’, Nature communication, 2020 – https://www.nature.com/articles/s41467-020-19931-2

[ii] Al-Ghezi ZZ, Busbee PB, Alghetaa H, Nagarkatti PS, Nagarkatti M. Combination of cannabinoids, delta-9-tetrahydrocannabinol (THC) and cannabidiol (CBD), mitigates experimental autoimmune encephalomyelitis (EAE) by altering the gut microbiome. Brain, behavior, and immunity. 2019 Nov 1;82:25-35. – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0889159119306476

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.

This post is also available in: Anglais