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LES CHERCHEURS ONT BESOIN DE VOUS !

Le Global Cannabis Cultivation Research Consortium (GCCRC) est un groupe de recherche international réunissant des universitaires issus de plus de 15 pays et concentrant ses travaux sur l’étude de la culture domestique du cannabis à travers le monde. Ces recherches visent à battre en brèche la vision baisée qu’a souvent le grand public des personnes qui cultivent du cannabis et à développer une image objective de ces pratiques pour, in fine, contribuer à la mise en œuvre d’une politique pragmatique en matière de stupéfiants.

Logo du Global Cannabis Cultivation Research Consortium, l’initiateur du sondage

Des premiers résultats intéressants

Au total, les membres du GCCRC ont produit 1 livre, 4 chapitres et 21 articles. Leur approche fine de la culture domestique de cannabis a permis de battre en brèche l’image biaisée qu’ont la plupart des gens des growers. Parmi les thèmes abordés, on trouve :

  • Le background des cultivateurs : ces recherches ont mis en avant que la plupart des cultivateurs de cannabis domestique sont issus de milieux « normaux » plutôt que « déviants ».[1] L’importance du mentor qui introduit les nouveaux-venus dans cet univers est également souligné par un autre article.[2]
  • Le cannabis thérapeutique : l’article consacré à ce sujet a souligné l’importante proportion de femmes parmi ces cultivateurs et a aussi conclu que les allégations en faveur du cannabis thérapeutique ne constituent pas simplement une tentative pour justifier la consommation personnelle de cannabis, mais reflètent, au moins en partie, une sincère croyance en l’intérêt médicinal de cette plante.[3]
  • Les motivations des cultivateurs : selon un autre article (comparant les situations danoises et finnoises), le cannabis est cultivé principalement pour une consommation personnelle, mais le partage entre amis et la possibilité d’éviter les cercles criminels comptent aussi parmi les motivations de producteurs de cannabis domestique.[4]
  • Les additifs chimiques : selon une autre étude, seuls 44% des participants au sondage recourt aux engrais et insecticides chimiques.[5] Les autoproducteurs sont donc nombreux à favoriser les cultures biologiques.

Les membres de GCCRC ont encore consacré de nombreux autres articles à des thèmes variés. Vous en trouverez la liste ici.

Sondage en ligne

Approcher la réalité de la culture domestique du cannabis n’est pas chose aisée. En effet, étant parfois dans l’illégalité, les growers ne crient pas leur activité sur les toits et les données manquent donc. En revanche, les archives judiciaires regorgent de documents renseignant le trafic du cannabis. C’est la raison pour laquelle la plupart des recherches ont jusqu’à présent été consacrées à l’industrie du cannabis à grande échelle, professionnelle et destinée à la commercialisation.[6] La grande majorité des études consacrées au cannabis pointent donc l’illégalité de cette pratique, le trafic et toutes les dérives qui l’accompagnent.

Or, les membres du GCCRC étaient bien conscients qu’il existe un autre pan dans cet univers auquel les chercheurs n’avaient jusqu’alors jamais eu accès, celui de la culture domestique.[7] Pourtant, « pour concevoir une politique plus pragmatique en matière de cannabis, une vision réaliste et la plus représentative possible de la situation est nécessaire au préalable », explique au site 7sur7.be Charlotte De Kock de l’université de Gand.

Il fallait donc au groupe de recherche un moyen de donner la parole aux cultivateurs. C’est ainsi que ses membres ont opté pour un sondage en ligne totalement anonyme, puisqu’aucune information d’identification ou adresse IP n’est collectée. En 2012, une première enquête a ainsi été lancée (ICCQ 1.0). Plus de 6.500 cultivateurs ont participé à ce projet.

Le travail continue

En 2020, le GCCRC a lancé une deuxième phase de cette vaste enquête (ICCQ 2.0). Révélatrice des ambitions grandissantes du groupe de recherche, cette enquête concerne un échantillon de pays plus large et fait montre de davantage de finesse dans l’appréhension du phénomène de l’autoproduction de cannabis. Si vous désirez prendre part à cette étude – ce qui ne devrait pas vous prendre plus de 25 minutes –, vous pouvez répondre au questionnaire sur le site web dédié et ce, jusqu’à la fin du mois d’avril.

Certaines zones géographiques semblent plus difficiles à aborder que d’autres, comme les pays anglosaxons[8] ou la Belgique francophone[9]. Si vous cultivez du cannabis et que vous résidez dans l’une de ces régions, n’hésitez pas à participer à l’enquête.


[1] Potter, G. R., Barratt, M. J., Malm, A., Bouchard, M., Blok, T., Christensen, A.-S., Decorte, T., Frank, V. A., Hakkarainen, P., Klein, A., Lenton, S., Perälä, J., Werse, B., & Wouters, M. (2015). Global patterns of domestic cannabis cultivation: Sample characteristics and patterns of growing across eleven countries. International Journal of Drug Policy, 26(3), 226–237 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-4.pdf).

[2] Ouellet, M., Bouchard, M., & Malm, A. (2016). Social opportunity structures and the escalation of drug market offending. Journal of Research in Crime and Delinquency, 53(6), 743-764 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-11.pdf).

[3] Hakkarainen, P., Decorte, T., Sznitman, S., Karjalainen, K., Barratt, M., Frank, V., Lenton, S., Potter, G., Werse, B. and Wilkinson, C. (2019). Examining the blurred boundaries between medical and recreational cannabis – Results from an international study of small-scale cannabis cultivation. Drugs: Education, Prevention and Policy, 26(3), 250-258 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-3.pdf).

[4] Hakkarainen, P., Frank, V. A., Perälä, J., & Dahl, H. V. (2011). Small-scale cannabis growers in Denmark and Finland. European Addiction Research, 17, 119-128 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-10.pdf).

[5] Lenton, S., Frank, V. A., Barratt, M. J., Potter, G. R., & Decorte, T. (2018). Growing practices and the use of potentially harmful chemical additives among a sample of small scale cannabis growers in three countries. Drug and Alcohol Dependence, 192, 250–256 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-6.pdf).

[6] Decorte, T. (2010). Small scale domestic cannabis cultivation: An anonymous Web survey among 659 cannabis cultivators in Belgium. Contemporary Drug Problems, 37, 341-370 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-9.pdf).

[7] Decorte, T. (2010). Small scale domestic cannabis cultivation: An anonymous Web survey among 659 cannabis cultivators in Belgium. Contemporary Drug Problems, 37, 341-370 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-9.pdf).

[8] Barratt, M. J., Potter, G. R., Wouters, M., Wilkins, C., Werse, B., Perälä, J., Pedersen, M. M., Nguyen, H., Malm, A., Lenton, S., Korf, D., Klein, A., Heyde, J., Hakkarainen, P., Frank, V. A., Decorte, T., Bouchard, M., & Blok, T. (2015). Lessons from conducting trans-national Internet-mediated participatory research with hidden populations of cannabis cultivators. International Journal of Drug Policy, 26(3), 323–326 (https://worldwideweed.nl/wp-content/uploads/2020/10/Final-PDF-7.pdf).

[9] M. CZ, “Cultivez-vous du cannabis?”, 7sur7, 21/02/2021 (https://www.7sur7.be/belgique/cultivez-vous-du-cannabis~a8f82a62/).

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.
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