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L’ONU APPROUVE LE CANNABIS MÉDICINAL

Un peu moins de six décennies après que le cannabis ait été classé pour la première fois comme stupéfiant par les Nations Unies (ONU), les États membres ont finalement reconnu le potentiel médicinal de la plante. Le mercredi 2 décembre, les membres de la Commission des stupéfiants de l’ONU (CND) ont, en effet, suivi l’avis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui recommandait d’annuler un traité déconseillant l’utilisation du cannabis médicinal.

Un pas vers une réforme globale du cannabis médicinal

La Convention unique des Nations Unies sur les stupéfiants de 1961 avait catégorisé le cannabis dans son Tableau IV, aux côtés d’un certain nombre de drogues dures telles que l’héroïne. Cette catégorie – réservée aux substances dangereuses qui ne présentent aucun effet bénéfique – est un sous-ensemble de l’Annexe I, laquelle est soumise aux contrôles internationaux les plus stricts.

Bien qu’il soit évident que le cannabis n’a pas sa place dans ce tableau, sa reclassification s’est avérée particulièrement complexe, en dépit des preuves toujours plus nombreuses des propriétés médicinales de cette plante. En janvier 2019, l’OMS avait finalement présenté une liste de six recommandations concernant le statut du cannabis, à la suite d’un examen scientifique approfondi de plus de deux ans.

Il aura fallu près de deux ans supplémentaires de réunions, de discussions et de retards pour que ces recommandations soient enfin mises aux voix par le CND, dont le résultat pourrait avoir des implications majeures pour l’avenir du cannabis médicinal à travers le monde.

Qu’a recommandé l’OMS à propos du cannabis ?

Après un examen complet de la littérature scientifique concernant les intérêts thérapeutiques du cannabis, l’OMS a recommandé que la plante soit reclassifiée en raison de son « potentiel thérapeutique » évident et du fait qu’elle n’est pas « susceptible de produire des effets nocifs similaires aux effets des autres substances du tableau IV.

Paradoxalement, l’OMS n’a toutefois pas recommandé de retirer le cannabis de l’Annexe I. Cette recommandation en demi-teinte est sans doute liée à l’impossibilité prévisible de faire accepter une telle mesure par de nombreux États membres notoirement opposés à la réforme du cannabis. Le retrait de la marihuana de l’annexe IV est donc une première étape, sans doute la plus importante, puisqu’elle initie un mouvement.

Cette recommandation a été votée avec un total de 27 pays en sa faveur – y compris les États-Unis, le Royaume-Uni et un certain nombre de pays de l’UE comme la France et l’Espagne. En d’autres termes, l’ONU reconnaît désormais officiellement les propriétés médicinales du cannabis et ne déconseille plus son utilisation.

Bien qu’il s’agisse clairement d’une grande victoire, il y avait également matière à déception car les cinq autres recommandations avancées par l’OMS ont toutes été rejetées. Celles-ci comprenaient un rééchelonnement du THC et une tentative de clarifier la législation en matière de CBD. Il convient de noter, cependant, que de nombreux pays ont voté contre la proposition liée au CBD non par opposition à celle-ci mais pour des questions purement techniques, le libellé proposé par l’OMS sur le sujet étant quelque peu déroutant.

Quelles implications sur la législation en matière de cannabis médicinal ?

Le cannabis demeurant intégré à l’Annexe I, ce vote ne changera pas fondamentalement son statut juridique. Cependant, pour la première fois en 60 ans, l’ONU ne prétend plus que le cannabis manque d’applications médicales, ce qui est susceptible d’ouvrir les portes à de nouvelles recherches sur son potentiel thérapeutique.

En outre, de nombreux gouvernements fondant leur législation en matière de stupéfiants sur les traités de l’ONU, il est probable que certains légaliseront désormais le cannabis médicinal tout en continuant de pénaliser son usage à des fins récréatives, ce qui correspond à la position de l’ONU.

Un tel comportement a déjà été adopté par l’Argentine, qui a décidé de se conformer aux recommandations de l’OMS avant même le vote. Le pays a ainsi légalisé la vente et l’autoproduction de cannabis à des fins médicinales, mettant en exergue l’attitude du premier conseiller scientifique de l’ONU qui a approuvé une telle approche.

Ce vote historique semble donc susceptible d’ouvrir la voie à une réforme substantielle du cannabis dans le monde dans les années à venir. Pour le moment, en France, les choses n’ont pas encore évolué: il est possible d’acheter des graines de cannabis mais pas d’en consommer. Espérons que la récente décision de l’ONU fasse évoluer la situation.

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.

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