Seedsman Blog

ENTRETIEN – S. BOUZATS

Dans le cadre de notre série Tuto Culture de Cannabis, nous nous sommes entretenus avec Sébastien Bouzats pour en savoir plus sur son parcours et glaner quelques conseils. Sébastien est le créateur et l’animateur de la chaîne YouTube CannaBistrot Tv, sur laquelle il partage des tutos sur la culture et la consommation du cannabis, qu’il soit médicinal ou récréatif.

Pourquoi cultivez-vous et comment êtes-vous entré dans ce monde ?

Ma rencontre avec cette plante est bien commune. Des amis fumeur de Hash fumaient autour de moi et j’aimais bien cette odeur. Je posais énormément de questions au sujet du Hash et des plantes et, un jour, un de mes amis m’a demandé si je voulais voir de vraies plantes de cannabis. J’y suis allé et je suis tombé passionné au premier regarde. Ce n’est que plus tard, après avoir planté ma première graine, que j’ai commencés à fumer.

Je suis née en France de parents Canadiens et je cultive/transforme depuis 2006. J’ai toujours regardé ce qui se passait au Canada, pays très progressiste en matière de cannabis et, en 2015, j’ai décidé de venir au Canada vivre et, si possible, cultiver de façon légale.

J’ai eu la chance de travailler pendant 2 ans pour une grosse compagnie de cannabis canadienne et maintenant je me consacre au développement de la chaine et à aider les passionnés à développer leurs connaissances autour de cette plante et de son industrie. Mon objectif serait d’un jour développer une unité-école de production de cannabis ici, au Québec, et, si possible, dans d’autres pays francophones pour transmettre ma passion de cette plante.

Quelle est votre variété préférée et pourquoi ?

Question très compliquée. J’ai quelques préférences pour les dominance Sativa pour la stimulation créative. J’apprécie les lignées Tangie, Haze. Mais je dois dire qu’un petit OG Kush, Afghan Kush, Ketama bien Indica le soir devant la TV me va particulièrement bien.

Quelle est votre méthode de germination préférée ?

Pour la germination, je préfère les serres de bouturage avec avec des plugs de coco, un peu d’eau au fond et un tapis chauffant, le tout relié à un système de contrôle température/humidité, 25º C ambiant et 65% humidité les premières deux semaines avec un éclairage doux comme des néons horticoles ou LED de faible intensité. Cette méthode permet de stabiliser plus facilement l’hygrométrie et température. Mais, comme aucune méthode n’est parfaite, il faudra surveiller les paramètres régulièrement.

Qu’est-ce qui fait un bon sol ?

Un bon sol esy un sol vivant, facile à drainer.

Aujourd’hui, bon nombre de compagnies sont spécialisées dans la création de sol pour la culture de cannabis, avec engrais ou non, ce qui offre un vaste choix de produits. Pour ma part, mes rencontres professionnelles m’ont orienté vers des cultures écoresponsables et j’essaye, autant que possible, de donner plusieurs vies à mon sol en le rechargeant en matières organique et microbienne, pour le réutiliser, complètement ou partiellement, dans une nouvelle session de culture.

Blue Dream

Que faut-il garder à l’esprit quand on installe son espace de culture ?

Pour moi, les 3 clefs sont la lumière, le contrôle du climat et le sol.

Si je peux donner un conseil, c’est de mettre son argent dans les systèmes d’éclairage adaptés à la culture horticole. Achetez un bon système de contrôle du climat (certains bons appareils coûtent moins de 50$) et investissez dans une bonne marque de terreau. Pour la création d’un espace il suffit parfois d’être inventif : , un vieux meuble peut aisément faire l’affaire.

Quels sont les nuisibles les plus courants et comment les combattre ?

Les ravageurs seront plutôt présents en extérieur. Malheureusement lorsqu’ils sont introduits accidentellement en intérieur, ils peuvent vite proliférer. Mais il y a des solutions adaptées à la lutte et à la régulation des populations de ravageurs comme les thrips, sciaridés, aphids et bien d’autres. Je n’utilise jamais de pesticide, qu’ils soient chimiques ou biologiques, sur mes plantes. Je préfère introduire des insectes prédateurs qui se chargeront de lutter, réguler et éliminer tous nuisibles de mes espaces de culture.

Quel est le meilleur système d’éclairage ?

Il y a quelques années, j’aurais évoqué les lampes MH/HPS. Mais j’ai eu la chance de tester quelques lampes LED qui ont fini par me convaincre de mettre au placard mes lampes HID. Les lampes LED facilitent tellement les contrôles du climat et leurs spectres lumineux commencent à être bien adapté au cannabis, ce qui en fait le compagnon idéal, notamment dans des espaces réduits.

Quelles sont les principales choses à savoir sur l’humidité et le contrôle de la température ?

L’humidité ambiante est l’une des clefs de la réussite d’un bon produit final. Il est essentiel de contrôler son climat du début à la fin de la culture séchage/affinage compris. L’humidité ambiante doit, si possible, être adaptée de façon graduelle entre chaque étape de culture. Par exemple, entre la croissance et le passage en floraison, je maintiens mon hygrométrie à 70% et je diminue le niveaux d’hygrométrie quotidiennement pendant les deux premières semaines de floraison jusqu’à 50/55% d’humidité pour ne pas stresser les plantes. Le meilleur kit serait un humidificateur, un déshumidificateur et un contrôleur d’humidité.

Comment décidez-vous quand récolter et stressez-vous les plantes avant la récolte ?

Pour la récolte, j’utilise mes sens (vue / odorat / toucher). Je regarde son aspect général. Je vérifie si elle n’a pas de défaut comme des moisissures, par exemple. Je regarde les pistils et les trichomes pour vérifier s’ils sont à maturité. Je la sens, car le cannabis mûrs a des parfums très prononcés. Je vérifie aussi la densité des fleurs.

Comment récoltez-vous, séchez-vous et affinez-vous votre cannabis ?

Pour le séchage, j’utilise deux méthodes : soit entières à l’envers, puis manucure une fois sèches sur les plantes que je considère de qualité supérieure ; soit, si je trouve une fleur avec des moisissures, je coupe chaque fleur une par une pour les vérifier et isoler au maximum les fleurs contaminées.

Outdoor ou indoor ? Lequel vous préférez ?

J’aime les deux. Mais l’extérieur est un plus gros défi pour un cultivateur, car il ne contrôle rien ou presque et, contrairement à l’intérieur, tu as juste 50 ou 60 fois maximum dans ta vie pour t’améliorer.

À votre avis, y a-t-il une différence notable d’effet entre le cannabis cultivé à l’intérieur et celui qui a poussé à l’extérieur ?

Mon avis est très partagé. D’un point de vue strictement thérapeutique, je pense que la culture d’intérieur permet une meilleure homogénéité des récoltes et donc du produit fini.

Pour un point de vue récréatif, j’aime la culture en extérieur car il est synonyme d’artisanat, de savoir-faire horticole, ce que l’on appelle en France le « TERROIR » et je suis très sensible aux produits des Terroirs.

Bio ou pas ? Quelle est la différence ?

On essaye d’être au maximum organique pour des questions d’écoresponsabilité et de préférence. Mais il m’arrive d’utiliser des engrais minéraux ultras raffinés de façon très ponctuelle pour certaines carences.

Pour moi, dans la vie comme dans la culture du cannabis, tout est histoire de compromis. Aucune solution n’est parfaite mais il faut connaitre les conséquences des actions prises pour identifier et utiliser les bonnes solutions.

En extérieur, comment protégez-vous vos cultures des intempéries ?

Pour la culture extérieure, habitant aux Canada et ayant une saison très courte, je privilégie les plantes auto-floraison, ce qui me permet de faire une ou deux récoltes chaque saison et de ne pas risquer les problèmes d’hivers précoces qui arrivent parfois au Québec.

Quelle a été la plus grande difficulté que vous ayez eue à affronter ?

La chose la plus difficile fut de quitter mon pays, ma famille et mes amis pour réaliser mes rêves ici, au Canada. Mais, en même temps, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée après avoir rencontré ma femme qui me supporte dans tous mes projets depuis plus de dix ans.

Qu’auriez-vous désirez savoir quand vous vous êtes lancé dans cette avanture ?

Les conseils que je pourrais donner serait d’être curieux de tous les types de culture, qu’elles soient ornementales, agricoles ou médicales. Elles sont toutes interconnectées et ont de gros points communs. Ayez l’esprit d’auto-critique et d’analyse des informations / mythes que vous pouvez trouver sur les forums, site etc. Mais, surtout, observez les plantes pour réussir à les comprendre.

Quels sont vos meilleurs conseils pour quelqu’un qui commence à cultiver du cannabis?

Des petites astuces seraient de ne pas voir trop grand de suite et de commencer tranquillement, avec quelques plantes ; de juste laisser la nature faire pour comprendre comment vit le cannabis et, par la suite, de commencer à introduire des techniques comme le topping, défoliation etc.

Un autre conseille serait d’acheter de la littérature dédié au cannabis comme, par exemple, les livres de Georges Cervantes, de Gregory Irving et Éd Rosenthal, pour accroitre ses connaissances.

Merci à Seedsman pour cette interview et à vous de m’avoir lu. Je vous souhaite le maximum de réussite dans vos projets de culture qu’ils soient personnels ou professionnels. À bientôt.

Si ce petit tuto culture de cannabis vous a donné envie de vous lancer dans l’aventure, vous pouvez, vous aussi, acheter des graines de cannabis et vous lancer dans la culture. Veillez néanmoins à vous renseigner sur la législation en vigueur dans votre pays.

Les informations concernant la culture du cannabis sont destinées aux clients résidant dans des pays où cette activité est autorisée par la loi, ou à ceux bénéficiant d’une autorisation spécifique. Nous encourageons nos lecteurs à connaître et à toujours respecter sur la législation en vigueur dans leur pays.

This post is also available in: Anglais

Seedsman

Not only do we have one of the most comprehensive libraries of cannabis seeds in the world, we now offer a diverse range of cannabis related goods for you to enjoy including storage products, clothing and books.