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LES FEMMES ET LE CANNABIS

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à cultiver et consommer du cannabis. On en trouve d’ailleurs de plus en plus dans tous l’industrie du cannabis au sens large. Pourtant, beaucoup ont le sentiment que cet espace est encore dominé par les hommes et que le rôle des femmes dans l’histoire du cannabis demeure largement sous-estimé.

Quand on pense aux grands noms du cannabis, ce sont surtout des hommes qui nous viennent à l’esprit. C’est étonnant pour une plante dont la version féminisée est bine plus recherchée que sa forme masculine ou régulière. Dans cet article, nous désirons donc rendre justice aux femmes de l’industrie du cannabis.

Des déesses consommatrices de cannabis

Ishtar

Il y a 3 à 4 000 ans, en Mésopotamie (Moyen-Orient), la déesse sumérienne Ishtar était vénérée comme une reine céleste, une guérisseuse, la déesse de l’amour et, plus tard, la déesse de la guerre. Le culte d’Ishtar était associé à la médecine par les plantes et à la fertilité. On pense que ses adorateurs brûlaient du cannabis comme s’il s’agissait d’encens lors des cérémonies qui lui étaient dédiées. Ishtar a finalement été délaissée au gré de la progression du christianisme entre le deuxième et le septième siècle de notre ère.

Kali-Ma

L’ancienne déesse de la vie et de la mort, la créatrice et la destructrice, et la mère de tous les hommes, est également assimilée à Shiva, alias le Seigneur du Bhang (cannabis). Selon les anciens textes hindous – ou Vedas – Shiva a découvert le cannabis et l’a diffusé sur toute la terre pour que l’humanité puisse en bénéficier. Les sadhus (adeptes de Shiva) fument du cannabis dans les chillums et Varanasi, ville du nord de l’Inde associée à Shiva, regorge de boutiques de bhang. Le culte de Kali et de Shiva est associé à la consommation de cannabis et les cérémonies dédiées Kali consistent notamment en l’ingestion de cannabis pour éveiller l’énergie kundalini et participer ainsi aux rituels sexuels sacrés.

Seshat

Seshat était l’ancienne déesse égyptienne de la connaissance, des livres et de l’écriture. Elle est fréquemment représentée avec une feuille de chanvre à 7 pointes placée au-dessus de la tête. Il est impossible de déterminer avec certitude si la feuille ou la fleur à 7 pointes est du chanvre, mais le fait que le cannabis médicinal soit mentionné dans des papyrus égyptiens anciens (le papyrus Ramasseum III, le papyrus de Berlin, le papyrus Ebers et le Chester Beatty Medical Papyrus) donne du crédit à cette théorie.

Freya

L’ethnobotaniste allemand Christian Ratsch a mis en avant que, dans la culture germanique traditionnelle, le cannabis était utilisé comme un inébriant rituel lors de cérémonies à la déesse nordique de l’amour Freya. Le scientifique a encore souligné que la récolte de cette plante se faisait dans le cadre d’un festival érotique. On croyait alors que la force fertile de Freya résidait dans les fleurs de cannabis et que leur consommation permettait d’acquérir cette force1.

Une mystique du cannabis

L’abbesse bénédictine Hildegarde de Bingen (1098-1179), compositrice, musicienne, herboriste et mystique, a décrit l’usage médicinal du cannabis dans son livre Le Physica. Elle faisait pousser du cannabis dans son jardin d’herbes aromatiques et recommandait son utilisation contre les nausées et les troubles digestifs.

Une reine d’Angleterre adepte du cannabis

La reine Victoria s’est vue prescrire du cannabis par son médecin JS Reynolds dans le but de traiter ses règles douloureuses. Il y a cependant un débat à ce sujet, car à l’époque où Reynolds écrivit que, “lorsqu’il est pur et administré avec soin, [le cannabis] est l’un des médicaments les plus précieux que nous possédions”, la reine avait 70 ans et devait donc être ménopausée. Il n’existe en fait aucune preuve tangible que Victoria ait consommé du cannabis, même si son médecin était clairement un fervent partisan de ce médicament2.

Quoi qu’il en soit, nous savons qu’Elizabeth I a ordonné aux cultivateurs anglais de consacrer une partie de leurs terres à la culture du chanvre.

Des écrivaines consommateurs de cannabis

Maya Angelou (1928-2014)

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La regrettée Maya Angelou, écrivain de renom, militante des droits civiques et poète, a expliqué pourquoi elle consommait du cannabis dans son autobiographie Gather Together in My Name : “J’ai appris de nouvelles postures et développé de nouveaux rêves. D’une raideur naturelle, je me suis transformée en une tolérance souriante. Marcher dans les rues est devenu une grande aventure, manger les énormes dîners de ma mère un divertissement opulent, et jouer avec mon fils était une hilarité de circonstance. Pour la première fois, la vie m’amusait.”

Louisa May Alcott (1832-1888)

Louisa May Alcott, auteure de Little Women, est peu connue pour l’influence du cannabis sur son écriture. Or, sa nouvelle Perilous Play qui évoque l’histoire de jeunes mondains expérimentant le haschisch se termine par ces termes : “Que le ciel bénisse le haschisch si ses rêves se terminent ainsi !”.

Susan Sontag (1933-2004)

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Bien en avance sur son temps, Susan Sontag, critique culturelle et essayiste, a défendu avec force les bienfaits du cannabis et a souvent proclamé ses vertus en comparaison avec les dangers de la consommation d’alcool que la société autorisait.

Karen Blixen (1885-1962)

Karen Blixen est plus connue sous son nom de plume d’Isak Dinesen, lequel est célèbre pour avoir écrit Out of Africa. Dinesen a révélé publiquement ses expériences personnelles avec diverses drogues, dont le cannabis, qui ont toutes été documentées dans The Life of a Storyteller de Judy Thurman. Le cannabis facilitait son écriture et lui permettait d’explorer des états de conscience différents.

Des activistes du cannabis

Margaret Mead (1901-1978)

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L’anthropologue de renom Margaret Mead a écrit de nombreux livres consacrés à des sujets de société. En 1969, Mead a témoigné devant le Congrès en faveur de la légalisation du cannabis. Elle déclara alors : “Je pense actuellement que la marihuana n’est pas dangereuse, sauf si elle est consommée en quantités énormes et excessives. Par sa prohibition, je crois que nous sommes en train d’abîmer ce pays, d’abîmer notre loi […] c’est bien plus grave que tous les dommages causés à quelques-un qui surconsomment”.

Mary Jane Rathburn alias Brownie Mary (1922-1999)

Mary Jane est célèbre pour avoir fourni des brownies au cannabis à des malades du SIDA et pour avoir fait pression en faveur du droit d’utiliser le cannabis à des fins médicales. Elle a commencé à militer pour le cannabis en préparant des space cakes pour arrondir ses fins de mois. Mais elle a été arrêtée et condamnée à des travaux d’intérêt général en faveur du projet Shanti, l’une des premières organisations dédiée au soutien aux malades du SIDA. Cette expérience a renforcé son activisme et elle a continué à distribuer ses brownies aux malades du SIDA pour les aider à stimuler leur appétit et à supporter les effets secondaires de leurs traitements. Rathburn a été arrêtée à trois reprises mais n’a jamais été emprisonnée. San Francisco l’a finalement autorisée à distribuer des brownies aux malades du SIDA et elle a participé à la création du San Franscisco Cannabis Buying Club, le premier dispensaire des États-Unis.

Références

  1. Rätsch, Christian; (2001) Marijuana Medicine: A World Tour of the Healing and Visionary Powers of Cannabis
  2. Berridge, Virginia; (2003) Queen Victoria’s Cannabis Use: Or, How History Does and Does Not Get Used in Drug Policy Making. Addiction research & theory, 11 (4). pp. 213-215.
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